Kadhafi en guerre contre son peuple | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 04.03.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Kadhafi en guerre contre son peuple

Cette semaine encore la Libye domine l'actualité africaine dans les journaux. Les articles sélectionnés ont tous été publiés avant le 5 mars.

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Benghazi, 21.02.2011

La Süddeutsche Zeitung et la Frankfurter Rundschau relatent comment quelques jours avant le début de la révolte, le colonel Kadhafi a convoqué sous sa tente quatre juristes, connus pour leur défense des droits civiques en Libye. Il était visiblement secoué, lit-on dans la Süddeutsche Zeitung, par la chute du Tunisien Ben Ali. Il voulait faire la connaissance de ses détracteurs - l'avocat Al-Mahdi Kashbour et trois de ses collègues, qui sont parmi les leaders du mouvement contestataire à Benghazi. Et Kadhafi voulait les convaincre de renoncer à leur appel à manifester. En vain. Après l'entretien, souligne Me Kashbour, nous étions encore plus déterminés à exiger notre liberté par les manifestations prévues le 17 février. Dans la Frankfurter Rundschau un autre avocat, Abdul Hakim Ghoga, précise qu'ils ont demandé à Kadhafi la liberté de la presse, la liberté d'opinion et une nouvelle constitution. Des exigences rejetées par le guide libyen qui les a qualifiées de discussions d'intellectuels.

Libyen Muammar Gaddafi Moammar Gadhafi

Mouammar Kadhafi, 16.02.2011

La Frankfurter Allgemeine Zeitung se fait l'écho de l'inquiétude du président du conseil régional de Kidal, au Mali, Abdou Salam Ag Assalat. Il s'inquiète du recrutement de mercenaires par Kadhafi chez les Touaregs. Quand ces gens, dit-il, reviendront avec leurs armes, cela risque de déstabiliser une nouvelle fois tout le Sahel. En Libye même, note Die Welt, la situation s'aggrave. Si beaucoup de commentateurs parlent d'un effet domino, la révolte en Libye semble suivre d'autres règles qu'en Tunisie et en Egypte. Kadhafi, souligne la Süddeutsche Zeitung, est un cynique. Il mise sur les faiblesses de ses adversaires et sur l'amnésie d'un occident tributaire du pétrole. die Tageszeitung craint que la Libye ne se transforme en une autre Somalie. Des négociations de paix avec des dirigeants violents comme Kadhafi sont condamnées à l'échec. Elles ne font que prolonger les souffrances des populations et les transforment en otages. Les sanctions, les gels des avoirs et les enquêtes préliminaires de la Cour pénale internationale n'ont aucun effet sur des chefs de guerre sans scrupule. Seule compte la force militaire. C'est pourquoi il importe de chasser Kadhafi du pouvoir. La Süddeutsche Zeitung, déjà citée, met pourtant en garde contre la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne, et rejette à fortiori tout idée d'intervention terrestre. Après l'expérience de l'Afghanistan l'OTAN doit sérieusement se demander si elle veut intervenir encore une fois dans une guerre civile, et si oui pourquoi.

Unruhen in Libyen

Maison incendiée à Tripoli, 21.02.11

Le monde et la Libye

L'attitude de la communauté internationale face aux événements en Libye suscite également d'autres réactions. La Frankfurter Allgemeine Zeitung par exemple félicite les Nations unies pour avoir décrété rapidement des sanctions contre le régime Kadhafi. Et le journal de souligner que l'exclusion de la Libye du conseil des droits de l'homme de l'ONU a été décidée à une rare unanimité. Pas même Cuba ne s'y est opposé. Ni la Chine ni la Russie n'ont entonné à New York le couplet de la non ingérence dans les affaires intérieures. Et des pays comme le Brésil, le Nigéria ou l'Afrique du sud ont renoncé à flairer dans le langage musclé de la résolution de l'ONU une offensive néocoloniale du Nord contre le Sud. L'hebdomadaire Die Zeit s'en prend à la frilosité de l'Union européenne. Deux mois après le début de la révolution en Tunisie et malgré l'effroi grandissant suscité par la déclaration de guerre du colonel Kadhafi à son propre peuple, l'Union européenne donne toujours le sentiment de ne voir dans le crépuscule des dictateurs arabes qu'un chahut d'adolescents. C'est pourtant une chance gigantesque qui s'offre aussi à l'Europe, souligne die Zeit.

Polizeieinsatz gegen Demonstranten im Sudan

Répression d'une manifestation de Sud-Soudanais à Khartoum, octobre 2010

Brutalité du régime de Khartoum

Au Soudan aussi des manifestations ont eu lieu pour demander la démocratie. Elles ont été sévèrement réprimées. Et c'est un sujet pour la presse allemande.La Süddeutsche Zeitung évoque l'arrestation d'un homme de 37 ans - son nom n'est pas cité - arrêté le 2 février et libéré douze jours plus tard. C'est un blogger, et à Khartoum, note le journal, cela suffit pour être arrêté. Il raconte les mauvais traitements subis. Mais d'autres détenus ont vécu pire. Une activiste de 24 ans dit avoir été enlevée le 13 février, en pleine rue, par des hommes en civil puis frappée et violée. Fin janvier, rappelle le journal, des étudiants sont descendus dans la rue pour protester contre le pouvoir d'Omar El-Béchir. Plus d'une centaine ont été arrêtés. La brutalité du régime contre les manifestants n'a suscité que peu de critiques à l'étranger. Les pionniers de la démocratie à Khartoum se sentent abandonnés.

Kleinbauern in Äthiopien Äthiopien, Biospritproduktion, Landraub, Nahrungsmittelkrise, Nothilfe

Petits paysans en Ethiopie. Photo de World Vision

Ni Dieu, ni alcool

Le dernier article de cette Afropresse concerne l'Ethiopie. Il est paru dans l'hebdomadaire Der Spiegel. Et il commence ainsi "le clash des religions figure parmi les grands conflits de notre décennie, Au coeur de l'Afrique, dans le village éthiopien d'Awra Amba, la paix règne. Chrétiens et musulmans ont abjuré leur foi pour vivre heureux ensemble. Et ça marche". On apprend plus loin dans l'article que ce village du nord-est de l'Ethiopie a été fondé par un homme du nom du Zumra Nuru. C'est une petite communauté de 430 hommes, femmes et enfants. Un village où la religion et l'alcool sont interdits, un village où on ne connait pas la faim, où les enfants vont à l'école et où tous les travaux sont communautaires. Bref, souligne le journal, c'est un peu comme le protestantisme sans dieu, ou le communisme sans vodka. Les difficultés rencontrées par Zumra Nuru pour fonder ce village sont longuement relatées. L'homme est longtemps passé pour un fou. Aujourd'hui Awra Amba attire des visiteurs du monde entier, qui viennent essayer de comprendre ce que le Spiegel qualifie de miracle africain.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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