Jacques Chirac ″l’Africain″ | Afrique | DW | 26.09.2019
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Afrique

Jacques Chirac "l’Africain"

L'annonce de la disparition de l'ancien président français Jacques Chirac a été relayée bien au-delà de la France et aussi en Afrique où, comme tout président il avait des liens étroits avec plusieurs chefs d'Etat.

Jacques Chirac est un des rares chefs d'Etats français, sinon le seul à s'être rendu dans près de 40 pays sur le continent et ses liens très étroits avec ces pays lui ont même valu le surnom de l'Africain.

Pour le Gabonais Jean Ping, "C'était un grand homme d'Etat et un grand ami de l'Afrique, un exemple de figure politique éminente, un chantre de l'engagement pour le dialogue des cultures et des peuples. Et j'ai gardé donc de lui cette image d'un homme de dialogue qui aimait les arts, qui aimait la culture et avait chez lui  beaucoup de tableaux africains, beaucoup de sculptures africaines. Et il était extrêmement chaleureux".

L’homme politique et candidat à la présidentielle au Gabon qui aussi dirigé la commission de l’Union Africaine déclare avoir eu l'occasion de côtoyer l’ancien Chef d’Etat français sous l'ère Omar Bongo : "Il avait des relations chaleureuses avec l'ancien président de la République gabonaise Omar Bongo Odimba. C'était un ami à lui, il l'aimait beaucoup",  rappelle-t-il.

Critiqué pour ses relations avec les "dictateurs africains"

Teilnehmer Afrika Gipfel in Paris (AP)

En dehors d'Omar Bongo, Chirac "l'Africain" avait de nombreux amis proches avec lesquels il entretenait des rapports très personnels : Blaise Compaoré du Burkina Faso, Gnassingbé Eyadéma du Togo, Denis Sassou Nguesso du Congo ou encore le Sénégalais Abdou Diouf et le Camerounais Paul Biya, tous des dirigeants du pré carré francophone.

Ces relations lui ont valu un peu partout des critiques acerbes. On se rappelle, en janvier 2001, à la faveur du sommet franco-africain de Yaoundé au Cameroun, l’épiscopat français avait même publié une lettre qui invitait Jacques Chirac à prendre ses distances avec des régimes africains qui pratiquent la fraude électorale, la confiscation des ressources, l’emprisonnement et parfois même l’élimination physique. Et Michel Galy explique qu’"Il a été impliqué dans ce système qu’on appelle la Françafrique en étant l’ami, le garant, le tuteur de nombre de despotes africains".

Mais pour le politologue français, Jacques Chirac ne doit pas être accusé d'avoir fondé les systèmes de corruption, de violence et d'exploitation de la Françafrique : "Le système de la Françafrique c'est d'avoir des échanges et notamment une voix quasi automatique à une certaine période de la diplomatie africaine en faveur de la France, ce qui lui donnait un poids international important. Mais cela marchait dans les deux sens puisque, par exemple, la dynastie Bongo était aussi appuyée en échange par le pouvoir de Chirac à l'époque. Et c'est le système que Chirac a trouvé et qu'il a renforcé, qu'il a aussi laissé à ses successeurs", estime Michel Galy.

Qu’on rende aux Africains ce qu’on leur a pris

Mais au-delà des nombreux critiques engendrées par ses amitiés personnelles avec les dirigeants et ses liens douteux avec les réseaux de la Françafrique, Jacques Chirac pendant et même après son passage au pouvoir, s’est fait l’avocat de l’Afrique. Il a même reconnu que les richesses africaines ont été pillées, y compris par son pays : "On oublie seulement une chose. C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique. Pas uniquement. Mais beaucoup vient de l’exploitation de l'Afrique“, avait regretté Jacques chirac dans ans une interview accordée à la presse après son départ de l’Elysée.

Jaques Chirac und Kofi Annan (ap)

 "Alors", ajoutait-il "il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité. De bon sens, de justice, pour rendre aux Africains, je dirais, ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire, si on veut éviter les pires convulsions ou difficultés, avec les conséquences politiques que ça comporte dans un proche avenir", a reconnu l’homme d’Etat Français.

Outre ses engagements à travers la fondation qui porte son nom pour la lutte contre les faux médicaments, Jacques Chirac avait pris de nombreuses autres initiatives en faveur de l’Afrique. Notamment une taxe sur les billets d’avion pour alimenter le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.