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Retour difficile pour 102 migrants ivoiriens à Abidjan

8 avril 2026

Après des mois, voire des années de blocage en Algérie ou en Libye, des migrants ivoiriens ont récemment regagné Abidjan, avec des parcours et des fortunes diverses.

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Côte d’Ivoire, Abidjan 2025 | Affiche de campagne du ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara à Abobo
Cette nouvelle vague de retour porte à plusieurs centaines le nombre de nationaux revenus du Niger au cours des dernières semaines, après une précédente opération du 9 mars qui avait concerné 150 personnes (134 hommes, 13 femmes et trois enfants). Image/ArchivesImage : Sia Kambou/AFP/Getty Images

Le retour au pays n'a rien d'une simple arrivée. Pour les migrants revenu au pays, il symbolise à la fois la fin d'un périple éprouvant et l'effondrement d'un rêve longtemps nourri. À leur descente d'avion, les visages sont marqués par la fatigue, mais aussi par un profond soulagement d'être enfin de retour en Côte d'Ivoire.

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Parmi eux, Samira Aby, une jeune femme au regard encore chargé d'émotions. Son unique bagage, un sac de voyage, résume à lui seul un parcours difficile. Elle raconte son passage éprouvant entre la Tunisie, le Maroc et l'Algérie, ponctué d'échecs et d'arrestations à la frontière de Sidi Abdallah. "Première tentative, ça n'a pas marché… Les Algériens nous ont attrapés et ramenés", confie-t-elle, décrivant un cycle infernal de refoulements.

À peine arrivée, Samira s'empresse de monter dans le bus mis à disposition pour les rapatriés. Malgré la douleur encore vive, elle accepte de témoigner.

Des parcours migratoires jalonnés de violences

Comme Samira, Nadia et Maïmouna, deux mères célibataires, ont vécu l'enfer des routes migratoires. Entre l'Algérie et la Libye, leur parcours a été marqué par des violences, des expulsions brutales et un abandon dans le désert à la frontière nigérienne.

Leurs témoignages sont poignants. "Je pensais que l'Algérie, c'était mieux. Mais là-bas, c'est pire encore", explique l'une d'elles. Une autre raconte comment, en pleine journée, des forces de l'ordre ont fait irruption chez elle : "Ils ont cassé la porte, pris mon argent, mes vêtements… Je suis revenue sans rien."

Ces récits illustrent la précarité extrême dans laquelle vivent de nombreux migrants, en particulier les femmes. Difficultés à se loger, insécurité permanente, absence de protection : autant de réalités qui transforment l'espoir d'une vie meilleure en véritable cauchemar.

Un rapatriement porteur d'espoir

Face à cette détresse, les autorités ivoiriennes ont organisé un vol charter pour permettre leur retour. Au total, 102 migrants ont ainsi été rapatriés. Cette opération s'inscrit dans une série d'initiatives similaires : depuis 2024, cinq vols ont déjà permis le retour de 673 Ivoiriens en situation de détresse.

Migrant de retour : faire sa vie en Côte d'Ivoire

À leur arrivée, un message d'espoir leur a été adressé par les autorités. L'accent est mis sur les opportunités existantes en Côte d'Ivoire et la nécessité de reconstruire sa vie sur place. "Quand on revient chez soi, on se remet à vivre avec courage", a-t-il été rappelé.

Pour ces anciens migrants, le retour marque la fin d'un rêve d'ailleurs, mais aussi le début d'un nouveau chapitre. Un chapitre où, malgré les cicatrices du passé, l'espoir d'un avenir meilleur reste possible, chez eux.

 

Vue aérienne sur Abidjan, le pont de Cocody et le stade de football
Julien Adayé Correspondant en Côte d'Ivoire pour le programme francophone de la Deutsche Welle@AdayeJulien