1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Homosexualité : le Ghana prend la voie du conservatisme

5 juin 2026

Le Ghana a adopté la semaine dernière une loi anti-LGBTQ+ rigoureuse qui prévoit jusqu’à trois ans d’emprisonnement maximum.

https://p.dw.com/p/5Ew4C
Ghana | Conférence à Accra sur la famille et les valeurs africaines (Juin 2026)
Le Ghana a accueilli la quatrième conférence interparlementaire sur les valeurs familiales africaines, un évènement jusque-là organisé en OugandaImage : Claudia Lacave & Hans Lucas/DW

Le texte adopté vendredi (29.05.26) par le Parlement ghanéen vient définir l’identité LGBTQ+ et confirme la sanction de 3 ans d’emprisonnement maximum, en plus de criminaliser le soutien ou la promotion des activités en lien.  

A la suite du vote, Accra a accueilli cette semaine la quatrième conférence interparlementaire africaine sur les valeurs familiales, la première fois organisée en-dehors de l’Ouganda. Des activistes ont marché dans les rues de la capitale ce vendredi (05.06.26) matin pour dénoncer les deux événements conservateurs.  

Tôt vendredi matin, une petite centaine de manifestants se sont rassemblés au cœur d’Accra, la capitale du Ghana. La coalition d’associations dénonce la loi anti-LGBTQ+ votée récemment.

Robert Akoto Amoafo, porte-parole de l’organisation féministe régionale CHEVS indique que "nous avons des exemples, avec le projet de loi adopté, de personnes victimes de préjudices, jetées en-dehors de chez elles, parce qu’ils disent qu’un projet de loi a été adopté. Ce n’est même pas encore une loi. Des personnes sont rejetées, on leur dit qu’elles ont été criminalisées. Il y a du chantage, manque d’accès aux soins de santé, le problème de personnes expulsées de chez elles et de leur travail".  

Le reportage à Accra de Claudia Lacave

Au nom de prétendues valeurs africaines  

Ils dénoncent également la tentative de restreindre la définition de la famille africaine par la conférence interparlementaire qui a eu lieu au sein de la Chambre cette semaine. Haut lieu du christianisme conservateur en Afrique, des délégataires de 19 pays ont discuté pendant 3 jours de la protection de leurs valeurs et ont signé une charte africaine qui réaffirme notamment l’interdiction de l’avortement.  

John Fordjour, un des champions de la loi ghanéenne anti-LGBTQ+, était présent sur place.  

Il explique que "la menace principale pour les valeurs africaines concerne le mariage. Et l’Occident insiste fortement pour que l’Afrique abandonne ses valeurs chéries de mariage entre un homme et une femme".  

Localement, l’avenir de la loi n’est pas assuré. Seulement une trentaine de parlementaires étaient présents vendredi (29.05.26) soir, loin des 50% requis par la Constitution.  

Le vote sans quorum est habituel au Ghana mais cette fois le sujet est sensible. 

Si le président du Parlement dénonce la légalité du vote, il pourrait mettre en péril de nombreuses autres lois passées ainsi. Ce n’est pas la seule option d’après l’avocat activiste, Oliver Barker-Vormawor : "Je pense que la préférence du président du Parlement est d’essayer de ramener la loi et de la voter de nouveau ensemble. Et la vérité c’est qu’il y a très peu d’opposition à la loi dans la Chambre, donc ils peuvent obtenir les voix en s’assurant que beaucoup de députés assistent." 

Les défenseurs des droits du genre observent avec panique la montée du conservatisme au Ghana.  

Vue aérienne d'Accra
Claudia Lacave Correspondante au Ghana pour le programme francophone de la Deutsche Welle@C_Lacave