En Guinée, un projet ferroviaire menace des chimpanzés | Afrique | DW | 25.08.2021
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Afrique

En Guinée, un projet ferroviaire menace des chimpanzés

La construction de deux tunnels à Kindia et Mamou, à près de 300 kilomètres de Conakry, menacerait une population de chimpanzés en Guinée forestière

Les chimpanzés sont de plus en plus menacés par l'extension des villes

Les chimpanzés sont de plus en plus menacés par l'extension des villes

Les travaux d’une ligne de chemin de fer construite par l’entreprise chinoise Winning Consortium Simandou font scandale.

Cette voie ferrée, dont les travaux ont débuté il y a plusieurs mois, est destinée à relier une mine de fer située dans les monts Simandou.

Mais, la construction de deux tunnels d’une distance de 20 kilomètres dans les préfectures de Kindia et Mamou, situées à près de 300 kilomètres de Conakry, menacerait une population de chimpanzés en Guinée forestière. 

Selon plusieurs sources administratives, les travaux n’auraient de toutes manières pas dû démarrer puisque les études de faisabilité n’ont pas encore été réalisées.

Interrogés sur le sujet, les départements ministériels intéressés, à savoir le ministère des Mines et celui de l’Environnement, n’ont pas voulu commenter cette information.

Des ONG se mobilisent en Guinée et ailleurs en Afrique pour la protection des chimpanzés

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Annuler le projet ou changer le trajet

Le collectif Ne touche pas à ma forêt, prend néanmoins très au sérieux les menaces sur la forêt et sur les chimpanzés.

Eli Besia Guilavogui, membre de cette ONG, entend entreprendre des actions sur le terrain.

"En tant que collectif, nous allons nous battre jusqu’au dernier souffle. Soit on annule le projet soit on change le trajet, ce qui est la meilleure façon. Il faut qu’on laisse cette forêt en paix. Nous allons déléguer des gens qui iront prendre contact sur le terrain, nous allons sensibiliser la population, nous allons nous adresser au gouvernement pour qu’il prenne conscience des dégâts que ce projet va causer. Nous n’allons pas oublier aussi les institutions internationales. Partout où nous pourrons mettre les pieds nous irons pour que les choses soient protégées. C’est vraiment important pour nous", explique Eli Besia Guilavogui.

Selon un autre spécialiste en environnement, la priorité devrait être donnée aux études de faisabilité pour identifier le berceau des chimpanzés. 

La population de chimpanzés compterait entre 172.000 et 300.000 membres aujourd'hui contre 1 million dans les années 1960

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Respecter la biodiversité

Samuel Lelano, diplômé en droit de l’environnement, invite ainsi l’Etat guinéen à prendre des dispositions pour la protection de ces espèces rares. Il rappelle aussi la ratification par la Guinée de plusieurs conventions pour la protection de la biodiversité.

"La Guinée est partie prenante de la convention de Rio de 1992 qui porte sur la préservation de la biodiversité. Dans les espèces qui composent cette biodiversité, la protection des chimpanzés y figure. Donc, on a l’obligation de respecter ces conventions. La première solution c’est de faire tout ce qui est possible afin d'éviter la zone de ces chimpanzés. En faisant quoi ? En trouvant d’autres alternatives de trajet qui peuvent éviter d’atteindre le nid d’habitation de ces animaux", estime Samuel Lelano.

Écouter l'audio 02:11

Le reportage de notre correspondant en Guinée

Nos tentatives pour obtenir une réaction de la société chinoise Winning Consortium Simandou sont restées vaines. Pour l’instant, nul ne sait si les autorités guinéennes vont réclamer l’arrêt des travaux en cours.

Comme beaucoup d'autres gros animaux, la principale menace qui pèse sur ces singes est la perte de leur habitat, réduit par l'extension des villes qui abritent une population en hausse, les industries minières, la déforestation ou l'agriculture.