La Guinée-Bissau replonge dans l'incertitude
27 novembre 2025
L'analyste politique sénégalais Mamadou Albert Sy revient ici sur les conséquences pour la stabilité, l'économie et la société bissau-guinéenne des événements des dernières 24 heures. Et surtout sur l'avenir qui se dessine dans le pays.
L'opposant bissau-guinéen Fernando Dias a affirmé jeudi (27.11.25) à l'AFP avoir remporté l'élection présidentielle du 23 novembre et accuse le président sortant Umaro Sissoco Embalo d'avoir "organisé" le coup d'Etat qui a suspendu le processus électoral la veille et porté des militaires au pouvoir.
"Je suis le président (élu) de Guinée-Bissau", a déclaré par téléphone M. Dias qui dit être "en sécurité" et se cacher dans le pays. Le principal opposant bissau-guinéen, Domingos Simoes Pereira, qui avait été écarté de l'élection et a ensuite soutenu M. Dias, a été arrêté mercredi après-midi après la prise de pouvoir par les militaires.
L'opposant raconte avoir pu s'échapper mercredi après que des hommes armés sont arrivés à son siège de campagne à Bissau pour l'arrêter.
"Il n'y a pas de coup d'État en Guinée-Bissau", affirme M. Dias qui prétend que le putsch a été "organisé par M. Embalo" pour l'empêcher d'accéder au pouvoir.
Selon lui, il gagnerait les élections avec environ 52% des voix, sans être définitif sur ce chiffre. La Guinée-Bissau était dans l'attente des résultats des élections présidentielle et législatives lorsque des militaires ont annoncé mercredi prendre le pouvoir dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'Etat et suspendre le processus électoral.
Depuis, le président sortant Embalo est détenu par les militaires mais il a pu joindre par téléphone des médias internationaux dans les heures qui ont suivi le
La nouvelle junte a annoncé jeudi la nomination du général Horta N'Tam comme président de la transition.