Guinée : l′impossibilité de faire son deuil | Afrique | DW | 30.10.2019
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Afrique

Guinée : l'impossibilité de faire son deuil

Les autorités refusent de rendre aux familles les corps de leurs proches tués lors de dernières manifestations.

Alors qu’elles avaient reçu l’autorisation du responsable de la morgue de venir récupérer ce mercredi 30 octobre les dépouilles de leurs proches tués au cours des manifestations, les familles des victimes ont été forcées par la police de rentrer chez elles sans pouvoir emporter les corps.

Mahamadou Bella est docteur en médecine légale. Il s'est rendu à la morgue dans la matinée :

"Ce (mercredi) matin nous nous sommes rendus sur place et nous avons trouvé un dispositif de sécurité empêchant toute personne d’avoir accès à la morgue. Il a fallu que je présente mon badge pour entrer. La police m'a dit qu’elle avait reçu l’ordre d’interdire tout regroupement à la morgue.  J’ai contesté cela en rappelant qu’il y avait des familles et qu’il fallait leur permettre de voir les dépouilles. La police m’a répondu alors que cela était interdit et que les familles devaient s´en aller."

Manque de respect

En effet, dans un communiqué datant du 29 octobre, le gouvernement avait annoncé que la restitution des corps ne pouvait se faire ce mercredi. Il affirme que les autopsies ne sont pas terminées.

Sidya Touré, le président de l´Union des Forces Républicaines, déplore ce manque de respect pour les familles :

"Je regrette que notre pays en soit arrivé là. Avant, même en pleine guerre, on s’arrêtait pour enterrer les morts. Dans la culture africaine, il n y a rien qu’on respecte autant que cela. Je suis désolé que notre société soit devenue insensible et que la politique l’emporte sur tout. Je dis simplement aux parents que leurs enfants ne sont pas décédés pour rien."

Le projet de nouvelle Constitution suscite depuis des mois la colère de nombreux Guinéens.

Le projet de nouvelle Constitution suscite depuis des mois la colère de nombreux Guinéens.

Rappelant qu’il appartenait au procureur de la République de faire une telle demande, Sidya Touré s’interroge sur le bien-fondé de la poursuite des autopsies :

"On fait une autopsie normalement pour accompagner une demande en justice ou quelque chose de ce genre. Nous savons que depuis l’arrivée de Alpha Condé au pouvoir, nous avons eu 114 ou 115 morts mais il n y a jamais eu d’enquête officielle." 

Marche funéraire

Dans le même temps, le gouvernement guinéen a interdit la marche funéraire prévue ce mercredi matin en mémoire des personnes décédées.

Les organisateurs de la marche funéraire estiment que celle-ci a été annulée pour éviter que ce rassemblement n'interfère avec celui organisé par les autorités pour le retour du président Alpha Condé de Russie.

Le Front national pour la défense de la Constitution a laissé entendre que la marche se tiendra malgré tout ce jeudi 31 octobre et prévoit de réclamer l’autorisation pour une nouvelle manifestation lundi prochain.

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