Guinée-Bissau : vers un gouvernement d’union entre l’armée et l’opposition | Afrique | DW | 15.04.2012
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Afrique

Guinée-Bissau : vers un gouvernement d’union entre l’armée et l’opposition

Un calme précaire règne à Bissau. Les militaires négocient avec l'opposition politique en vue de former un gouvernement d'union nationale. L'inquiétude demeure sur le sort des personnalités du pouvoir arrêtées jeudi.

Les mutins, qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau, poursuivent leurs discussions engagées vendredi avec des anciens leaders de l'opposition pour former un gouvernement d'union nationale. Les putschistes emmenés par le général Mamadu Turé Kuruma, ont affirmé ne pas vouloir conserver le pouvoir. Ils ont toutefois déjà fait savoir qu'ils s'attribueront les postes-clés de la Défense et de l'Intérieur dans le nouveau gouvernement. Fernando Vaz, porte-parole des partis de l'opposition, a déclaré qu'une solution serait proposée avant l'arrivée lundi d'une délégation de la Cédéao, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Guinea Bissau Wahlen 2012 Ministerpräsident Carlos Gomes Junior Cadogo

On est toujours sans nouvelles de l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior

De son côté, le PAIGC, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert qui détenait le pouvoir depuis près de dix ans, a refusé de participer à ces négociations. Il a également appelé à la libération de deux de ses membres arrêtés jeudi lors du coup d'Etat : l'ex-premier ministre et candidat à la présidentielle Carlos Gomes Junior et le président intérimaire Raimundo Pereira.

Confusion autour du rôle du chef de l'état-major

A Lisbonne, où s'est réunie samedi en sommet extraordinaire la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), le ministre des Affaires étrangères du cabinet renversé, Mamadou Djalo Pires, a affirmé que ses collègues étaient en danger de mort. Il a également qualifié de « farce » l'annonce de l'arrestation par la junte du chef d'état-major de l'armée, le général Antonio Indjai. Il accuse même celui-ci d'être à l'origine du coup de force. Il faut dire que ces dernières semaines, Antonio Indjai s'en était pris violemment à la Missang, la mission militaire de l'Angola en Guinée-Bissau.

Or, les mutins justifient leur coup de force par l'existence, selon eux, d'un accord secret entre le gouvernement déchu et l'Angola pour « faire éliminer » l'armée bissau-guinéenne par les soldats de la Missang. Samedi, la junte a par ailleurs annoncé qu'elle allait tout faire pour faciliter le départ imminent des 200 soldats angolais, conformément à ce qui avait été décidé avant le putsch.

Intervention étrangère ?

Militärputscht in Guinea-Bissau

Les habitants sortent dans les rues de Bissau, mais la peur guette

Le coup d'Etat a été unanimement condamné à l'étranger. L'Union européenne menace de suspendre totalement son aide à la Guinée-Bissau. Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé au retour de l'ordre constitutionnel. Quant à la Communauté des pays de langue portugaise, elle a appelé à la libération immédiate des prisonniers politiques. Elle a également décidé de créer une « force d'interposition », sous mandat des Nations unies et en coopération avec l'Union africaine, la Cedeao et l'Union européenne, pour remettre sur pied le processus électoral interrompu par le putsch.

Sur place, il règne un calme précaire dans la capitale. Un couvre-feu est imposé la nuit de 21h30 à 6h heure locale et temps universel. La journée, les habitants vaquent à leurs occupations habituelles, mais de nombreux magasins restent fermés. Une trentaine de jeunes qui manifestaient « pour la paix » et « contre la violence » près de l'Assemblée nationale où se tenait la réunion entre putschistes et partis politiques, ont été violemment dispersés à coups de crosse par des militaires.

Auteur : Cécile Leclerc, avec AFP, Reuters, dpa
Edition : Mulay Abdel Aziz

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