Guinée : Alpha Condé ″accepte″ d’être candidat à un troisième mandat | Afrique | DW | 01.09.2020
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Afrique

Guinée : Alpha Condé "accepte" d’être candidat à un troisième mandat

Selon le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) au pouvoir, le président guinéen Alpha Condé accepte d'être candidat. Le scrutin est prévu le 18 octobre.

Le chef de l'Etat guinéen Alpha Condé ici lors d'une visite dans les locaux de la DW

Alpha Condé n'a toujours pas dit lui-même s'il voudrait être candidat

"Nous avons l'immense privilège et le bonheur d'informer la population guinéenne que celui-ci a accédé à notre demande. Le président Alpha Condé sera bien notre candidat à l'élection présidentielle du 18 octobre 2020", précise le communiqué lu par le directeur général de la RTG.

Lors de sa convention, début août, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) avait "sollicité" l'accord du président Alpha Condé afin qu’il porte ses couleurs à l'élection présidentielle du mois d'octobre. Les candidats potentiels ont jusqu'au 8 septembre pour se manifester.

Le président avait déclaré "prendre acte", sans formellement accepter, mais en demandant à sa formation et à ses alliés de s'engager sur une programme centré sur les femmes, les jeunes et les plus démunis.

"Si vous voulez que j'accepte votre proposition, il faut que vous vous engagiez à ce que le RPG redevienne ce qu'il était, un parti qui n'oublie personne", avait déclaré le président guinéen.

Lire aussi → Guinée : le gouvernement entend faire la lumière sur la Constitution promulguée

Pacte

Les partis de la majorité ont soumis au président une "proposition de pacte" pour l'application de ce programme, selon le RPG dans un communiqué lu dans la soirée à la télévision nationale RTG.

Écouter l'audio 01:33

Domani Doré

Au micro de la DW, Domani Doré, première secrétaire parlementaire à l’Assemblée nationale de Guinée et porte-parole du RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir a exprimé sa satisfaction à l’annonce de cette candidature. Le président Alpha Condé a fait "preuve de son attachement fondamental à l'esprit du rassemblement du peuple de Guinée au sein de son parti qui repose sur le respect du parrti qui porte sa candidature", a-t-elle fait savoir.  

L’opposition pas surprise

L'opposant Bah Oury, ancien ministre de la Réconciliation nationale et président de l'Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée (UDRG) dit ne pas être surpris par l’annonce de la candidature du président Alpha Condé.

"Tout cela est une manœuvre assez puérile pour essayer de ne pas heurter certaines sensibilités, pour faire croire qu'il pourrait ne pas être candidat, pour perturber le jeu politique au niveau de certains. En d'autres termes, c'était louvoyer pour gagner du temps et préparer convenablement la présentation de sa candidature", affirme Bah Oury.

Le FNDC met fin à la trêve

Créée en octobre 2019, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), formé de partis d'opposition et d'organisations de la société civile s’oppose toujours à une troisième candidature du président guinéen. Il annonce la fin de la trêve observée depuis quelques semaines pour notamment permettre le déroulement des examens de fin d'année scolaire.

Écouter l'audio 01:33

Bah Oury : "Alpha Condé essaie de louvoyer pour gagner du temps"

La Constitution guinéenne limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Mais l'adoption en mars d'une nouvelle loi fondamentale qui maintient cette limitation, lors d'un référendum boycotté par l'opposition, permet à Alpha Condé de remettre les compteurs à zéro selon ses partisans.

Alpha Condé, ancien opposant historique, est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires dans cette ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest, où plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté malgré la richesse de son sous-sol.

Il fait l'objet de nombreuses critiques d'associations de défense des droits de l'homme qui lui reprochent les violences des forces de l'ordre lors des manifestations qui ont fait quelque 200 morts depuis son arrivée au pouvoir, selon l'opposition.

Par ailleurs, un collectif d'opposants guinéens a récemment déposé plainte en France contre Alpha Condé et plusieurs de ses proches pour corruption, trafic d'influence et blanchiment de corruption.