Le 27 janvier 2026 marque une année depuis la prise de Gomapar les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise. Douze mois plus tôt, la ville vivait au rythme des combats entre les FARDC et les rebelles, avec de nombreuses victimes civiles.
Aujourd’hui encore, malgré une amélioration de la sécurité, les habitants tentent de se reconstruire dans un contexte économique très difficile.
Des blessures encore ouvertes chez les survivants
Parmi ces habitants, Eddy Rachidi porte les séquelles des affrontements. Atteint d’une balle dans la cuisse le 26 janvier 2025, il a passé près de trois mois hospitalisé au CBCA-Ndosho.
S’il a repris son travail de lavage de véhicules, sa jambe droite ne se pose toujours pas au sol, l’obligeant à marcher avec une canne.
Pour espérer retrouver toute sa mobilité, Eddy doit subir une nouvelle intervention chirurgicale, estimée à un minimum de 1 000 dollars — une somme qu’il juge hors de portée dans la crise actuelle. « Ici, je trouve seulement de quoi manger », explique-t-il, impuissant face aux frais médicaux.
Une économie au ralenti depuis un an
Comme Eddy, de nombreux Gomatraciens peinent aujourd’hui à subvenir à leurs besoins. Depuis la prise de contrôle de la ville, la fermeture des banques et l’exode de nombreux salariés ont fragilisé toute l’économie locale. Les petites activités restent les seules à fonctionner, mais difficilement.
Joëlle Kasi, petite commerçante, témoigne : « Nous travaillions bien avant. Mais depuis une année, c’est uniquement pour nourrir nos enfants. Il n’y a plus de banque, plus d’aéroport, et nos clients habituels ont quitté Goma. »
Une sécurité retrouvée mais un quotidien toujours lourd
Malgré tout, plusieurs habitants reconnaissent une amélioration de la sécurité. Justin Sanzabera rappelle que, sous le précédent gouvernement, la criminalité faisait rage. Il affirme que les cambriolages et attaques nocturnes ont fortement diminué.
Les habitants saluent cette relative tranquillité retrouvée, mais demandent désormais un allègement des nombreuses taxes instaurées par l’administration rebelle pour le transport, le commerce ou l’assainissement.
Ces prélèvements, souvent jugés arbitraires, pèsent lourd sur des familles dont les revenus ont drastiquement chuté.