Goma : la peur d’un crash à chaque décollage | Afrique | DW | 29.11.2019
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Afrique

Goma : la peur d’un crash à chaque décollage

En RDC, la catastrophe aérienne qui a coûté la vie à 29 personnes à Goma a relancé un débat sur la sécurité de cet aéroport, d'autant plus que l'avion s'est écrasé sur des habitations.

Située près de l’aéroport, Birere est une agglomération populaire de la ville de Goma où les habitants avouent avoir peur d’un crash à chaque fois qu’un avion décolle. Alain Kambale souhaite que l’aéroport soit délocalisé, en raison du risque qu’il représente pour les habitants des quartiers voisins :

"Le décollage des avions est vraiment un problème. Il y a des malades dans notre quartier, il y a ceux qui sont à l’hôpital, d’autres à la maison, mais quand les avions passent c’est toujours un problème. Ce serait bien de pouvoir changer le site de notre aéroport. Un jour il va y avoir un crash à Birere. C’est un quartier populaire, si l’avion tombe ici c’est plus de 100.000 habitants qui sont menacés." 

Antoine Mugisho travaille depuis 2008 à la surveillance d’un terrain située à l’extrémité de la piste de l’aéroport.

Victime d’un crash d’avion survenu à cet endroit en 2008, il exprime sa crainte : 

"C’est moi qui garde ce terrain. Ce n’est pas normal qu’un aéroport soit situé en pleine ville. Parce que si un avion tombe, il y aura beaucoup de morts. Quand l’avion de la compagnie Hewa Bora est tombé ici, j’étais là et j’ai été blessé. Juste par-là, c’est la piste. C’est par ici que les avions passent quand ils décollent. Alors nous demandons aux autorités de trouver une solution. Nous courrons un très grand risque ici et nous ne savons pas quoi faire."

Cette peur est partagée par Guilain Lukimbawa, un ingénieur aéronautique qui donne aussi des cours d’aviation dans une école locale. 

Pour celui-ci, l’aéroport de Goma ne répond pas aux normes de sécurité. Il suggère une délocalisation de l’aéroport ou bien des populations riveraines. 

"L’aéroport n’est pas bien situé. Parce qu’il n y a pas de trouée d’envol des deux côtés de la piste et puis le prolongement de la piste n’est pas respecté. Donc ce serait mieux que les autorités politiques et administratives pensent à la délocalisation, ou bien au déplacement de la population dans les axes de l’aéroport. Car même si on cherche à créer une zone de prolongement de la piste, vous voyez bien que si on prend l’altitude de la piste de Goma, il n’y a pas moyen, au niveau du P35, de créer un prolongement parce qu’il y a un relief qui fait que la trouée d’envol et le prolongement ne peuvent pas être respectés. Ce n’est pas dans les normes d’un aéroport. La longueur est suffisante mais on doit avoir une zone de prolongement pour qu’en cas de dérapage l’avion puisse sortir de la piste. C’est une zone qui doit être inhabitée."

Les autorités affirment poursuivre l’enquête sur les raisons du crash survenu récemment.

Le vice-premier ministre a rencontré cette semaine le comité provincial de sécurité et les responsables de la compagnie avant de rencontrer les députés provinciaux pour la même question.

Aucune indication n’a été donnée sur la date de publication des conclusions de l’enquête.

Ecoutez ci-dessous le reportage de Sammy Mupfuni à Goma.

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