Global Witness quitte Kimberley | International | DW | 06.12.2011
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International

Global Witness quitte Kimberley

L'organisation de défense des droits de l'Homme Global Witness se retire du "processus de Kimberley". Elle justifie cette décision par de graves entorses aux directives de ce processus.

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Des prospecteurs de diamants en Sierra Leone

Dans les années 90, dans plusieurs pays d'Afrique, des groupes rebelles avaient financé leurs guérillas grâce au trafic de diamants. En particulier en Sierra Leone, au Liberia, en Angola et en République démocratique du Congo, des mouvements rebelles avaient pris le contrôle de mines de diamants et financé ainsi leurs achats d'armement.

Aussi en 2003, le monde avait salué un dispositif international établissant la provenance des diamants bruts. Le but de ce dispositif appelé "processus de Kimberley" était de s'assurer et de certifier que ces pierres précieuses ne soient pas des "diamants du sang". Des diamants extraits dans des conditions souvent inhumaines et vendus au profit de groupes ou de régimes politiques fondés sur la violence. Neuf ans plus tard, l'une des organisations co-fondatrices du processus de Kimberley a annoncé quitter ce dispositif.

Kombo Charles Taylor Naomi Campbell

L'ex-dictateur Charles Taylor avait offert un "diamant du sang" au mannequin Naomi Campbell

Echec du processus de Kimberley?

L'organisation de défense des droits de l'Homme Global Witness reproche à la communauté internationale d'avoir échoué dans sa lutte contre les "diamants du sang". Le "processus de Kimberley" est réticent à prendre des mesures déterminées pour rompre les liens existant entre diamants, violence et tyrannie. Ce processus est donc "obsolète" a déclaré Global Witness dans un communiqué publié lundi à Londres, expliquant ainsi son départ du processus qu'elle avait co-initié en 2003 et où elle avait jusqu'ici le statut d'observateur officiel :

« La triste vérité est que la plupart des consommateurs ne peuvent toujours pas être certains de la provenance de leurs diamants, ni savoir s'ils financent des violences armées ou des régimes répressifs. »

Les quelque 75 Etats membres du processus de Kimberley s'étaient pourtant engagés à adopter une législation nationale et à instaurer un système strict et transparent de contrôle de leurs importations et exportations de diamants.

Graves entorses aux engagements

Or, selon Global Witness, le dispositif a « échoué à trois égards » : premièrement, il ne s'est pas soucié du négoce de diamants du conflit provenant de Côte d'Ivoire ; ensuite il n'a pas pris de mesures de rétorsion lorsque le Vénézuela « a enfreint les règles », et enfin il n'a rien fait pour « que les diamants cessent d'alimenter la corruption et la violence au Zimbabwe ». Concernant ce dernier cas, Global Witness qualifie de "consternante" l'autorisation donnée en juin au régime de Robert Mugabe, au Zimbabwe, de vendre des diamants quand on sait qu'ils proviennent des mines de Marange sous contrôle de l'armée. En 2008, rappelle l'association, les militaires s'étaient emparés de cette zone diamantifère, tuant 200 prospecteurs.

Auteur : Philippe Pognan
Edition : Fréjus Quenum

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