Félix Tshisekedi et Paul Kagame veulent une désescalade | Afrique | DW | 06.07.2022
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Afrique

Félix Tshisekedi et Paul Kagame veulent une désescalade

La situation sécuritaire dans l'Est de la RDC a été au centre de ce mini-sommet convoqué à Luanda par le président angolais.

La récente résurgence dans l’est de la RDC du mouvement rebelle M23 que Kinshasa soupçonné d’être soutenu par le Rwanda ravive depuis quelques mois les tensions entre Kinshasa et Kigali.

Cette actualité est donc au centre des discussions qui ont lieu en Angola. De son côté, le Rwanda aussi accuse la RDC d'héberger des rebelles hutus rwandais des FDLR sur son sol. 

Le sommet a décidé d'un "processus de désescalade" entre Kigali et Kinshasa, a annoncé la présidence de RDC.

Une "feuille de route" censée atteindre cet objectif "stipule une volonté de normalisation des relations diplomatiques entre Kinshasa et Kigali" et prévoit "la cessation immédiate des hostilités" ainsi que "le retrait immédiat et sans condition" de la rébellion du M23, que Kinshasa affirme soutenue par Kigali, "de ses positions en RDC", précise la présidence congolaise.

"Il va falloir que la RDC et ses autres partenaires puissent parler de la restauration de la paix dans l’Est " (Jean Mobert Senga)

Les FDLR, une réelle menace ?

Pour Nelleke Van de Walle, directrice du Projet Grands Lacs chez International Crisis Groups (ICG), bien que Paul Kagame présente toujours les FDLR comme une menace pour la sécurité rwandaise, ils ne constituent plus vraiment un danger pour son pays. "Le groupe est en fait moins actif que par le passé à cause des opérations conjointes entre la Monusco et l’armée congolaise qui l’ont ciblé et affaibli. En 2019, les principaux dirigeants du groupe ont été tués. Par rapport aux allégations actuelles du Rwanda selon lesquelles les FARDC coopèrent avec les FDLR, ces allégations ne sont pas nouvelles parce que l’armée congolaise entretient toujours des liens étroits avec des groupes rebelles. Je peux dire qu’une véritable réforme du secteur de la sécurité est nécessaire pour professionnaliser l’armée congolaise", explique Nelleke Van de Walle à la DW.

L’exploitation des ressources naturelles congolaises

Une autre question qui revient souvent, c’est celle de l’exploitation des ressources naturelles par des groupes armés en RDC. Nelleke Van de Walle insiste pour que cette question soit débattue en toute transparence par les deux présidents. "Il est vraiment important qu’ils puissent discuter de l’exploitation illégale des ressources en RDC, en particulier de l’or, mais aussi de l’accès à la terre et les questions liées aux rwandophones dans l’Est de la RDC. Les deux pays doivent vraiment s’engager à mettre fin à l’ingérence dans les affaires de l’autre,"  estime l’analyste.

Pour le professeur Augustin Muhesi qui enseigne les sciences politiques à l’Université de Goma, la paix entre les deux pays passe aussi par le règlement de la question liée à l’exploitation des ressources naturelles. A cela s’ajoute de la volonté politique des deux côtés et des autres pays de la sous-région."Au-delà de la volonté, il faut privilégier des solutions telles que l’intégration économique réelle parce que je suis tenté de dire que derrière ce conflit, il y a aussi des questions liées à l’économie, à la géo-économie des ressources", soutient l’enseignant.

La question de l’impunité

Depuis plus de deux décennies, les attaques des groupes armés ponctuent le quotidien des habitants de cette partie de la RDC. Jean Mobert Senga, chercheur chez Amnesty International estime que la justice reste l’une des pierres angulaires pour le retour d’une paix durable dans la région :

"Il va falloir à un moment ou à un autre que la RDC, surtout la RDC parce que ce n’est peut-être pas dans l’intérêt du Rwanda, que la RDC et ses autres partenaires qui parlent de la restauration de la paix dans l’Est puissent sérieusement se pencher sur la question d’un mécanisme judiciaire devant juger tous les auteurs des crimes graves commis en RDC depuis les 25 ou 30 dernières années y compris des officiels rwandais, ougandais, burundais et autres." 

C'est pour participer à cette rencontre qualifiée "de vérité" que le président Félix Antoine Tshisekedi est en Angola, a fait savoir le service de communication de la présidence congolaise.