Environnement : ″on est loin de résoudre le problème du Sahel″ (Ibrahim Thiaw) | International | DW | 05.06.2020
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International

Environnement : "on est loin de résoudre le problème du Sahel" (Ibrahim Thiaw)

D’après Ibrahim Thiaw, le Secrétaire exécutif de la Convention sur la lutte contre la désertification, la dégradation de la nature explique en partie la vulnérabilité de la région du Sahel exposée au terrorisme.

Ibrahim Thiaw, sous-secrétaire général de l'ONU et le Secrétaire exécutif de l'UNCCD.

Ibrahim Thiaw, sous-secrétaire général de l'ONU et le Secrétaire exécutif de l'UNCCD.

Ibrahim Thiaw est sous-secrétaire général des Nations unies et Secrétaire exécutif de la Convention sur la lutte contre la désertification. Pour lui, la célébration de la Journée internationale de l'environnement  du 5 juin doit être l’occasion de repenser nos modes de consommation.

Il estime aussi que les conséquences de la dégradation de la nature expliquent aussi la vulnérabilité de certaines régions du Sahel exposées au terrorisme.

(Lisez l'extrait de son interview exclusive accordée à la DW ou écoutez l'audio en cliquant sur l'image ci-dessous).

Interview

Ibrahim Thiaw : Ce qui se passe au Sahel est dramatique. Je suis Sahélien et j'ai parcouru tous les pays du Sahel depuis des années. C'est mon boulot et j'ai vu la dégradation (de l’environnement) et j'ai vu les tendances venir.

Écouter l'audio 02:47

Ibrahim Thiaw, sous-secrétaire général de l'ONU et le Secrétaire exécutif de l'UNCCD.

Ce qui se passe c’est qu’on a moins de terres disponibles pour les besoins d'une population toujours croissante. On a moins de terres du fait de la dégradation du milieu naturel, du fait de la sécheresse, du fait des changements climatiques. Et on a d'un autre côté, une démographie qui est croissante. Donc le point d'inflexion est atteint depuis longtemps.

DW : Une telle situation rend les populations vulnérables. Et elles sont devenues des proies faciles pour des organisations terroristes.

Ibrahim Thiaw : Ce qui est récent maintenant, c'est la superposition de cette diminution des ressources avec des phénomènes extérieurs tels que le terrorisme.

Toujours est-il que le fait qu'il y a des gens qui ont cru devoir faire la loi et donnent en même temps de petites ressources : 100 dollars, 200 dollars et ils ont des messages qui passent. Des messages qui passent auprès des jeunes qui, d’un autre côté, ne voient pas leur gouvernement. On ne les voit que pendant les élections, lors des campagnes électorales, et ça crée une frustration. Ces jeunes sont des proies faciles.

DW : Avant d'occuper le poste de Secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, vous étiez Conseiller spécial chargé du Sahel. Et là, vous avez contribué à élaborer un plan pour la région. Où en sont les Nations unies aujourd'hui avec ce plan ? Le document a-t-il pu aider à résoudre le problème dans la région ?

Ibrahim Thiaw : Non, le problème n'est pas résolu. Ne nous voilons pas la face, c'est un plan d'appui aux gouvernements. Ce n'est pas un plan des Nations unies. Les Nations unies ne sont pas une force extérieure qui va venir faire des choses.

Donc, il faut soutenir les pays, il faut les aider. Mais on est loin de résoudre le problème.

DW : Et pourquoi ?

Effets de sécheresse au Mali.

Effets de sécheresse au Mali.

Ibrahim Thiaw : Parce qu'on vit dans une situation complexe. On a des gouvernements qui font de leur mieux mais qui n'y arrivent pas. On a des populations qui sont déplacées. Il y a davantage de crises dans la région du Sahel. Donc on est loin d'avoir résolu le problème du Sahel.

Est-ce que la communauté internationale va venir en appui en vue de stabiliser la situation dans le Sahel, pour éviter que ce qu'on vit dans le Sahel ne fasse tache d'huile vers le reste de l'Afrique ou même le reste du monde ? Il faut prendre cette situation très au sérieux.

Ce n'est pas un problème uniquement sahélien. C'est d'abord un problème des gouvernements sahéliens mais ils ont besoin d'aide. Ils n'y arriveront pas seuls. Et les faibles ressources dont ils disposent aujourd'hui, davantage affaiblies par la situation pandémique actuelle, les rendent encore plus vulnérables.

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