En Guinée, le procès du massacre du 28 septembre 2009 devrait débuter sous peu | Afrique | DW | 16.08.2019
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Afrique

En Guinée, le procès du massacre du 28 septembre 2009 devrait débuter sous peu

Dix ans après les violences qui ont fait plus de 150 morts , le gouvernement guinéen a débloqué les budgets pour que le procès puisse débuter.

Depuis dix ans, les victimes des massacres du 28 septembre 2009 attendent que justice soit rendue. Et l’annonce faite ce 14 août 2019 par le gouvernement guinéen de débloquer 20 milliards de francs guinéens en vue de l’organisation d’un procès est pour ces victimes une bonne nouvelle. 

Alpha Amadou Ba, un des avocats de l’AVIPA, (Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009) regrette cependant le manque de volonté politique d’accélérer ce dossier :

"C'est vrai qu'il y'a un grand retard dans la tenue de ce procès. Cela est dû à un manque de volonté politique de la part du gouvernement. Toutes les conditions ne sont certes pas réunies, mais pourraient l'être si le gouvernement le veut. Notre objectif n'est pas de mettre en difficulté le gouvernement ou l'actuel chef de l'Etat. Nous voulons simplement rétablir la vérité sur ce qui s'est passé ce 28 septembre 2009."

Guinea Moussa Dadis Camara mit seinen Truppen in Conakry Flash-Galerie (AP)

Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte militaire.

La justice guinéenne au pied du mur

Les magistrats guinéens auront fort à faire en raison du statut de certains prévenus. Il s’agit d’une dizaine de hauts gradés de l’ancienne junte militaire, dont le chef de cette junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso depuis décembre 2009. Dadis Camara n'est pas seul, comme l'explique  Alpha Amadou Ba :

"En plus de Moussa Dadis Camara, il y a un certain colonel Moussa Tiegboro Camara, secrétaire général à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte la contre la drogue, le crime organisé et l’office des répressions des délits économiques et financiers. Il y a aussi le Colonel Claude Pivi, lui aussi en fonction. Leur présence dans l'administration est une source d'inquietude pour les victimes."

Guinea Conakry Massaker 2009 (AP)

Dix ans après, les victimes auront probablement droit à la justice.

Encore beaucoup d'inconnues pour ce procès

Le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba Diakité, est également sur la liste des inculpés. Présenté comme le cerveau du massacre du 28 septembre 2009, il avait été arrêté en décembre 2016 au Sénégal, puis extradé en Guinée où il est depuis incarcéré. 

Selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, plus de 150 personnes ont été tuées, de nombreuses autres blessées et des dizaines de femmes violées le 28 septembre 2009 au stade de Conakry, lors d’un rassemblement de l’opposition. 

Pour l'instant, on ne connaît ni la date ni l'identité des magistrats qui vont mener ce procès. Seule certitude, les audiences vont se dérouler au sein de la cour d'appel de Conakry, selon le gouvernement.