En Guinée, la Cédéao demande le retrait de 2,4 millions d’électeurs du fichier électoral | Afrique | DW | 12.03.2020
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Afrique

En Guinée, la Cédéao demande le retrait de 2,4 millions d’électeurs du fichier électoral

Après dix jours d’audit du fichier électoral guinéen, les experts de la Cedeao préconisent entre autres d’écarter de ce fichier 2,4 millions d’électeurs enrôlés sans pièces justificatives. L’opposition s’en réjouit.

La Cédéao recommande une révision du fichier électoral

La Cédéao recommande une révision du fichier électoral

Suivant les conclusions de la mission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, l’ancien ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Hubert Coulibaly, qui est l’envoyé spécial de l’OIF pour la Guinée, estime que le pays serait en mesure de régler ce problème dans un court délai.

"Nous avions dit qu'il serait intelligent de procéder par un consensus entre les acteurs politiques. C'est de la gestion des bases de données. La Guinée dispose aujourd'hui d'un logiciel assez puissant pour faire ce travail rapidement", déclare-t-il.

Avantage

Pour le parti au pouvoir, le retrait des 2,5 millions d’électeurs considérés comme "problématique" sera plutôt à son avantage.

Le président Alpha Condé doit fixer une nouvelle date pour le double-scrutin

Le président Alpha Condé doit fixer une nouvelle date pour le double-scrutin

Selon Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale,"en extirpant les deux millions quatre cent mille électeurs, Kankan (région de la Haute-Guinée au nord du pays), considérée comme le fief de la mouvance présidentielle, passerait de 18% du corps électoral à 22%. Donc, on a même intérêt à ne pas utiliser ces 2,4 millions, à l’inverse de ce que prétend l'opposition. Parce qu’en les sortant du corps électoral, ça nous est plus avantageux."

L’opposition incrédule

Même si elle se réjouit des conclusions des experts de la Cédéao, l’opposition ne croit pas en la sincérité du pouvoir.

L’ancien Premier ministre Sidya Touré, qui préside l’Union des forces républicaines (UFR) estime que "l'objectif d’Alpha Condé est de faire le référendum. Les élections législatives, il n'en a rien à faire. Et il se précipite pour le faire pour ne pas tomber dans les législations de la Cédéao qui empêchent de modifier une Constitution six mois avant le vote de la présidentielle".

D’autres anomalies seraient présentes dans le fichier électoral. Ainsi, la Cédéao a aussi recensé 3,5 millions de doublons, 164.000 électeurs décédés, et près de 59.000 électeurs mineurs.

La mission recommande sur les autres éventuels cas de cartes multiples, la mise en œuvre de contrôle de traçabilité de production de cartes pour les prochaines opérations d’établissement de listes électorales. C’est pourquoi, elle estime que la mise en œuvre d’une nouvelle liste d’émargement à côté des listes de radiation empêchera ou limitera l’usage de ces surplus de cartes, conclut le chef de la mission, le général Francis Awagbè Béhanzin, commissaire aux Affaires politiques, paix et sécurité de la Cédéao.

Après avoir reçu les conclusions des experts de la Cédéao, les 17 membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dont le président Amadou Salif Kebé, se sont réunis en plénière mercredi et jeudi. Aucune nouvelle date pour la tenue du double scrutin législatif et référendaire n'a été communiqué.

La nouvelle date sera fixée par le président Alpha Condé, après avis de la Céni et de la Cour constitutionnelle, apprend-on de source proche de l'organisation des scrutins.