Dublin veut rester une oasis fiscale | International | DW | 24.11.2010
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International

Dublin veut rester une oasis fiscale

L'Irlande a accepté de se placer sous la protection financière de l'Union européenne et du FMI. Mais l'accord bloque sur les conditions que devra accepter Dublin en échange d'un chèque de 90 milliards d'euros.

Le Premier ministre Brian Cowen, au centre, a annoncé la dissolution du Parlement début janvier

Le Premier ministre Brian Cowen, au centre, a annoncé la dissolution du Parlement début janvier

Au centre du conflit : le taux particulièrement attractif d'imposition des sociétés. Bruxelles y voit une forme de dumping social qu'elle veut remettre en cause. Mais l'Irlande en fait le symbole de sa souveraineté nationale. En effet, pour Dublin c'est la "ligne rouge" à ne pas franchir. Ce taux d'imposition sur les sociétés est de 12,5% ce qui en fait le plus bas en Europe. Résultat : les grandes compagnies américaines comme Microsoft, Intel, Google, Twitter ou e-Bay ont installé leur siège européen en Irlande.

C'est d'ailleurs ainsi que l'Irlande a bâti sa prospérité économique : en attirant les investissements étrangers qui ont transformé ce pays encore essentiellement rural dans les années 90 en un modèle de réussite qui lui a valu le surnom de tigre celtique. Certes, le tigre a pris aujourd’hui un sacré coup de vieux mais il n'est pas question pour Dublin de renoncer à cette particularité.

Pourtant, à la question de savoir si Dublin est encore en mesure de négocier alors que sa survie économique dépend de l'aide de l'Union européenne et du FMI, la réponse est a priori non car la chute de l'Irlande est l'occasion de faire le procès de l'ultralibéralisme. Si l'économie irlandaise s'est effondrée ce serait à cause des gouvernements successifs qui n'ont pas su encadrer suffisamment les banques ou ont trop incité les particuliers à avoir recours au crédit immbilier. « On ne sauve pas simplement des banques. On sauve aussi en soi un système qui a été un système de faillite. L’Irlande c’est la faillite du libéralisme économique et la faillite de la dérégulation », n'a pas manqué de rappeler l'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit.

La presse irlandaise a attaqué le gouvernement, accusé de brader la souveraineté nationale

La presse irlandaise a attaqué le gouvernement, accusé de brader la souveraineté nationale

Franchises fiscales

Cependant, Google, Intel et la Chambre américaine de commerce ont déjà fait savoir que si l'Irlande augmentait son taux d'imposition alors ils quitteraient le pays. Or, ces entreprises étrangères emploient 12% des salariés en Irlande et la vente de leurs produits en Europe, celle par exemple des systèmes d'exploitation Microsoft ou des microprocesseurs Intel représente 70% des exportations irlandaises. Autant dire que l'Irlande ne peut pas perdre le cœur de son activité économique.

Mais comme l’a rappelé l'eurodéputé française Pervenche Bérès : attirer des multinationales à coups de franchises fiscales est un « modèle économique malsain ». Sur ce point, le parallèle avec l'Afrique peut-être intéressant. Microsoft par exemple a basé son siège pour l'Afrique de l'Ouest à Dakar, Intel Afrique est à Abidjan, Google à Nairobi. Mais le risque est qu’un jour ou l'autre, ces multinationales finissent par s'en aller, attirées ailleurs par des offres plus intéressantes. C’est ce que l'Europe essaye d'expliquer à l'Irlande. L'Afrique peut tirer les leçons de ce dialogue.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Florent Kossivi Tiassou

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