Covid-19 : les difficiles conditions de travail des salariés étrangers dans les abattoirs | International | DW | 23.06.2020
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International

Covid-19 : les difficiles conditions de travail des salariés étrangers dans les abattoirs

L'Allemagne a décrété un confinement partiel face à l'éruption de cas de coronavirus dans un abattoir, où les conditions de travail des salariés étrangers sont dénoncées.

L'abattoir Tönnies est le plus grand abattoir d'Europe.

L'abattoir Tönnies est le plus grand abattoir d'Europe.

Les grands rassemblements sont de nouveau interdits tout comme les activités de loisirs, les écoles sont fermées, la police, les médecins et les pompiers mobilisés. 

Dans la ville de Rheda-Wiedenbrück, le coronavirus bouleverse de nouveau les habitudes et l’objectif des autorités est désormais d’endiguer une seconde vague d'infection.  

Plus de 1.500 employés de l'usine de conditionnement de viande de Tönnies ont été testés positifs au Covid-19, beaucoup d'entre eux sont des travailleurs étrangers d'Europe de l'Est qui vivent et travaillent dans des conditions désastreuses. 

Des conditions que dénoncent depuis des années déjà une militante locale, Inge Bultschnieder "Nous avons manifesté devant cette maison en décembre 2018. Elle est tristement connue", explique t-elle.  

A l’intérieur de la maison en question, les murs sont recouverts de moisissure et l’odeur est âcre. C’est pourtant là que vivaient jusqu'à récemment 13 employés roumains. 

La promiscuité est grande dans les foyers d'hébergement de la société Tönnies.

La promiscuité est grande dans les foyers d'hébergement de la société Tönnies.

 

Des conditions difficiles 

Roumains, Bulgares ou encore Polonais : beaucoup de travailleurs du secteur de la viande venus d'Europe de l'Est vivent et travaillent dans des conditions difficiles, obligés d'acheter eux-mêmes leurs vêtements de travail. 

Ils sont employés à la chaîne, parfois au-delà du temps de travail réglementaire. C’est le cas d’Andrej Ionescu (nom d’emprunt). Il a travaillé à l'usine de Tönnies pendant deux ans pour un sous-traitant. "Les heures de travail ont été la pire des choses. Nous devions commencer à une heure de l'après-midi pour terminer à une heure du matin", raconte-t-il. 

Les heures supplémentaires n'ont pas été payées. Ionescu a depuis arrêté ce travail.  

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Une situation qui inquiète 

Après la découverte du foyer de contamination à l'usine de Tönnies, les autorités mais également les habitants de la région redoutent une propagation de la maladie. 

"Je suis inquiète et j'ai l'impression que nous perdons le contrôle de la situation. Nous ne savons pas ce qui va se passer ensuite", confie cette habitante.  

"C'est effrayant de voir comment le coronavirus a envahi notre région", s’inquiète un autre habitant et une autre effarée estime que "c'est incroyable, effrayant".  

L'usine de conditionnement de viande de Tönnies a déjà fermé ses portes. Avec ce scandale lié à la pandémie de Covid-19, les autorités doivent désormais accorder une meilleure attention au sort des travailleurs du secteur de la viande. 

Écouter l'audio 14:28

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