CAN 2019 : les fans algériens n′oublient pas leur combat | DW Sport | DW | 19.07.2019
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Sport

CAN 2019 : les fans algériens n'oublient pas leur combat

Le pouvoir algérien a organisé un pont aérien pour emmener ses supporters en Egypte, le but étant de se réconcilier avec le peuple. Sauf que les supporters, pour la plupart des protestataires, ne sont pas dupes.

Comme tous les vendredis depuis le 22 février dernier, ils seront des milliers à manifester, à Alger et ailleurs, et à demander le départ des dirigeants algériens. Le peuple a eu le départ d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril dernier, mais il souhaite également que le gouvernement actuel, dont les têtes d'affiche sont Abdelkader Bensalah (le président par intérim) et Nouredddine Bedoui (son Premier ministre) plie bagage.

Même si l'Etat a tenu "à mobiliser tous les moyens matériels et humains disponibles pour satisfaire" la demande des supporters de "faire le déplacement pour encourager" leur équipe, ces fans ne comptent pas laisser tomber le "Hirak", le mouvement de contestation.

Proteste gegen politische Einflussnahme auf die Justiz (Getty Images/AFP/R. Kramdi)

Depuis le 22 février dernier, le peuple algérien manifeste tous les vendredis et réclame le départ de la classe dirigeante actuelle.

Aucun impact sur le mouvement populaire
Le gouvernement et l'armée ont affrété 28 avions pour transporter 4500 supporters vers l'Egypte. C'est une bonne chose, mais pour les Algériens, cet événement a été surmédiatisé. Pour Yazid Ouahib, chef de la rubrique Sport du quotidien francophone El Watan, il s'agit d' "une forme de corruption", qui fort heureusement n'aura "aucun impact sur le mouvement populaire". Selon Ouahib, depuis le 22 février dernier, "le peuple a montré qu'on ne pouvait pas se jouer de lui".

 

Autre réaction, celle de Lamia, une étudiante de 21 ans, selon qui "ce pouvoir corrompu ne peut pas nous corrompre avec 28 avions". Surtout que le pouvoir algérien semble oublier une chose : comme beaucoup de mouvements contestataires, le "Hirak" est né dans les stades. De nombreux chants entonnés dans les manifestations du "Hirak" sont nés dans les enceintes sportives, avant d'être repris par les manifestants. Le gouvernement algérien voulait profiter de cette finale pour se "racheter" auprès du peuple, mais au final, cela risque de le desservir plus qu'autre chose. 

Afrika Cup 2019 | Riyad Mahrez und Sadio Mane (picture-alliance/AP Photo/A. Schalit)

Riyad Mahrez contre Sadio Mané, un choc dans le choc.

Les joueurs savent
De leur côté, les joueurs algériens ne parlent pas beaucoup du mouvement sur les réseaux sociaux, mais ils en parlent quand même. Lundi dernier, Riyad Mahrez, la star de l'équipe, a publié une vidéo dans laquelle ses équipiers et lui chantent "La Liberté", une chanson du rappeur algérien Soolking dédiée au Hirak. Même s'ils ne se montrent pas prolixes sur le sujet, les joueurs connaissent les enjeux, comme l'a expliqué le milieu de terrain Adlene Guedouira en conférence de presse : 

"Nous sommes conscients de ce qui se passe. Le peuple que nous représentons a montré de très belles choses ces derniers temps. C'est magnifique ce qui se passe. Maintenant, nous nous concentrons sur cette finale. Nous avons nous aussi envie de montrer de belles choses et de gagner cette finale pour ce peuple-là."

Ce soir, ce sont plus de 15 000 supporters algériens qui sont attendus au stade international du Caire. Et beaucoup d'entre eux profiteront de la scène pour manifester leur mécontentement vis-à-vis du pouvoir en place.