Caf : le scrutin de toutes les incertitudes  | International | DW | 25.02.2021
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International

Caf : le scrutin de toutes les incertitudes 

Le 12 mars, un nouveau président doit être désigné lors de l'assemblée générale de la Confédération africaine de football. De nombreux candidats espèrent redorer le blason d'une Caf fragilisée sous Ahmad Ahmad. 

Qui pour diriger la Caf après Ahmad Ahmad ?

Qui pour diriger la Caf après Ahmad Ahmad ?

Il y a des victoires qui réjouissent au-delà de l'équipe qui a remporté le trophée. Le 7 février dernier, le président de la Confédération africaine de football (Caf), Ahmad Ahmad, félicitait le Maroc pour sa victoire sur le Mali au championnat d'Afrique des nations (Chan). Le football et l'Afrique ont gagné, ajoutait Ahmad Ahmad sur les réseaux sociaux.

En félicitant les Lions de l'Atlas locaux pour avoir conservé le trophée, le Malgache espérait bien être félicité en retour par la fédération marocaine de football s'il parvenait à gagner le scrutin du 12 mars.

Avec l'espoir bien sûr d'avoir véritablement les coudées franches à la tête d'une institution qui subit très souvent le diktat de la Fifa. 

Mise sous tutelle

Il y a un an, Fatma Samoura, la secrétaire générale de la Fifa, achevait sa mission à la Caf présidée par Ahmad Ahmad. La mission de Fatma Samoura consistait en l'amélioration de la gouvernance au sein de la Confédération africaine de football.

Les observateurs y avaient vu une mise sous tutelle de l'institution dont le siège est au Caire. Pendant six mois, ce bicéphalisme a continué à la Caf. Le scrutin du 12 mars intervient "dans une période où la Caf est sérieusement fragilisée en tant qu'institution", selon Mansour Loum.

Des supporters nigérians suivent un match contre l'Algérie

Des supporters nigérians suivent un match contre l'Algérie

Un tournant 

Pour ce journaliste sportif qui suit l'actualité du football africain depuis plusieurs années, la Confédération africaine de football est à un tournant. L'assemblée générale élective de mars prochain est l'occasion de débuter un nouveau cycle, poursuit Mansour Loum. 

Tout ne paraît pas si simple en effet pour une élection sans anicroches à Rabat au Maroc. Tout comme il est difficile de savoir si Ahmad Ahmad va être candidat à ce scrutin. 

Fin de suspension

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a levé fin janvier la suspension infligée par la commission d'éthique de la Fifa au président sortant pour corruption et manquements à ses devoirs. Il a été réhabilité à la surprise générale et l'homme politique malgache peut donc continuer de battre campagne en attendant une décision favorable du TAS début mars.

Le 6 février, le comité exécutif de la Caf a cependant décidé à Yaoundé, au Cameroun, que c'est la Fifa qui doit décider de l'éligibilité de Ahmad Ahmad pour un second mandat. La Commission de gouvernance de la Caf avait pourtant déclaré qu'il était éligible pour le scrutin du 12 mars.

Stade du Caire

Stade du Caire

L'adieu à Ahmad Ahmad ?

Malgré cette décision attendue du Tribunal arbitral du sport début mars, des observateurs prédisent que la Fifa ne va pas autoriser une candidature de Ahmad Ahmad. 

L'après Issa Hayatou n'aura pas été de tout repos pour le président Ahmad Ahmad. Après 30 années de présidence Hayatou, le football africain s'attendait à un renouveau sous l'actuel président de la Caf.

>>> A lire aussi : Ahmad Ahmad : "Nous ne pouvons pas envoyer nos jeunes à l'abattoir"

"La corruption a continué. C'est très difficile de tourner la page de la corruption d'un jour à l'autre", observe Steven Lavon, journaliste sportif togolais.

Le mandat s'achève donc sous le signe de la corruption pour Ahmad Ahmad qui avait pourtant promis de promouvoir la bonne gouvernance à la tête de la Caf. Le Malgache a dû aussi faire face à de nombreuses polémiques.

Ahmad Ahmad n'est pas sûr de pouvoir briguer un nouveau mandat

Ahmad Ahmad n'est pas sûr de pouvoir briguer un nouveau mandat

Promouvoir la bonne gouvernance

Pour lui, conserver son titre de président de la Caf lors de l'assemblée générale élective du 12 mars à Rabat au Maroc n'a jamais paru aussi difficile. 

Par conséquent, pour les candidats à la présidence de la Caf, la promotion de la bonne gouvernance au sein de l'institution ne pouvait pas mieux tomber comme slogan de campagne.

Rétablir l'image de la Caf, un défi

Rétablir l'image de la Caf, un défi

Quatre candidats

En attendant les décisions de la Fifa et du TAS concernant le sort de Ahmad Ahmad, quatre candidats briguent la présidence de l'organisation. D'un côté, le milliardaire sud-africain, Patrice Motsepe. Ayant fait fortune dans les mines, ce beau-frère du président Cyril Ramaphosa préside le club de Mamelodi Sundowns.

Plusieurs médias affirment cependant que l'ancien patron des patrons ne bénéficie pas du soutien de Pretoria. A la différence de Patrice Motsepe, le candidat Jacques Anouma bénéficie du soutien de son pays, la Côte d'Ivoire. "Le soutien est total" pour ce financier de formation qui a professionnalisé le football ivoirien, selon Augustin Kouyo, journaliste ivoirien.

>>> A lire aussi : Ahmad Ahmad suspendu, qu'en pensent les Camerounais?

Le gouvernement a envoyé des émissaires dans les pays africains pour la promotion de la candidature de Jacques Anouma. En 2013, l'ancien président de la Fédération ivoirienne de football avait été empêché d'être candidat à la suite de changements de statuts de la Caf six mois avant le scrutin.

Les deux autres candidats, Ahmed Yahya et Augustin Senghor, dirigent les fédérations dans leur pays, la Mauritanie et le Sénégal. 

Les candidats Jacques Anouma, Ahmed Yahya et Augustin Senghor viennent tous les trois d'Afrique de l'ouest. Cette région du continent n'a encore jamais installé un président à la tête de la Caf.

Jacques Anouma, président de la FIF (fédération ivoirienne)

Jacques Anouma, président de la FIF (fédération ivoirienne)

La Caf écornée

Ces trois prétendants sont aussi des francophones. Selon Steven Lavon, "ça va forcément émietter les voix". Ahmed Yahya et Augustin Senghor avaient promis leur soutien à Ahmad Ahmad pour le scrutin avant les déboires de ce dernier. Le retrait des deux candidats n'est pas exclu si Ahmad Ahmad revient dans le jeu.

"Bien malin qui va l'emporter" le 12 mars, estime Mansour Loum alors que pour la première fois il y a beaucoup de candidats "pour essayer de redorer l'image d'une institution qui a perdu en crédit et en influence au sein des arcanes de la Fifa en raison aussi des nombreuses luttes internes".

Au Burkina Faso aussi, les supporters suivent les compétitions avec passion

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L'élection du 12 mars, si elle se tient à cette date, va forcément laisser des traces. Pourtant, il va falloir, pour tous les acteurs du football africain, avancer unis après l'élection du nouveau président pour relever les prochains défis. Le plus grand reste l'organisation de la Coupe d'Afrique des nations l'an prochain au Cameroun.

Le Cameroun a plutôt bien organisé le Chan, ce championnat qui réunit les joueurs africains qui jouent sur le continent. Pour la Caf aussi, il est indispensable de regagner en influence pour éviter à l'avenir une gestion déléguée imposée par la Fifa.

Le président Gianni Infantino a choisi en janvier dernier Mariam Dao Gabala pour présider le comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de football (Fif) en crise. A l'image de la Fif, de nombreuses fédérations font face ainsi à des difficultés sur le continent africain.

Pour elles aussi et pour la prochaine présidence de la Caf, le défi est de parvenir à réaliser une bonne performance au mondial au Qatar l'an prochain. 

 

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