Côte d’Ivoire : l’opposition a-t-elle gagné son pari ? | Afrique | DW | 31.10.2020
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Afrique

Côte d’Ivoire : l’opposition a-t-elle gagné son pari ?

Les analystes sont divisés sur la stratégie adoptée par l'opposition pour la présidentielle.

Les Ivoiriens ont donc voté ce samedi 31 octobre pour choisir leur futur président de la République parmi les quatre candidats en compétition. Une élection sur laquelle pesait l'appel au boycott lancé par les deux candidats de l’opposition, à savoir Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan.

Lire aussi → Bureaux fermés en Côte d'Ivoire : le point sur la journée

Est-ce que cette stratégie a porté ses fruits ? C’est encore difficile à dire, même si de nombreux incidents de blocage des bureaux de vote ont eu lieu dans le pays. L'opposition conteste depuis des mois. Quelques jours après la publication, mi-septembre, la liste des candidats retenus pour cette élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, les principales formations de l’opposition ivoirienne avaient appelé à la "désobéissance civile“. Ils refusent un éventuel troisième mandat d'Alassane Ouattara. 

Écouter l'audio 14:30

Bamba Moriféré : "Je suis convaincu qu’Alassane Ouattara partira"

Dans les rangs de l'opposition, on crie victoire. "L'opposition ne peut pas perdre la bataille. Parce que Alassane Ouattara a aujourd'hui contre lui, l'ensemble de notre peuple", assure Bamba Moriféré, président du Rassemblement du Peuple de Côte d'Ivoire (Rpci), opposé, lui aussi, au troisième mandat du président Alassane Ouattara. Et de parler même de "dictature". "L'opposition n'avait pas d'autres choix parce que, dans tous les cas, Alassane Ouattara avait prévu de s’autoproclamer président de la Côte d'Ivoire. S'il s'autoproclame, nous ne le reconnaitrons pas. Et nous allons continuer le combat jusqu'à son départ. Et je suis convaincu, qu'il va partir".

Stratégie peu convaincante

Mais certains analystes semblent ne pas être totalement convaincus de la stratégie de l'opposition ivoirienne. C'est le cas de Fahiraman Rodrigue Koné, sociologue et analyste politique. Il estime que "c'était la solution la plus immédiate, car l'opposition n'avait pas d'emprise directe sur l'élection. C'est un choix qui marque le désaccord, mais l'efficacité reste à prouver". 

La stratégie de l'opposition ne convainc pas non plus Sylvain N'Guessan, docteur en théories politiques. 

Écouter l'audio 03:22

Sylvain N'Guessan : "Le débat va se déplacer sur le terrain de la légitimité"

"Naturellement, l’opposition ne pouvait pas empêcher l’élection. Mais Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan sont dans la politique depuis longtemps. Qu’est-ce qu’ils veulent faire par la suite, quand on sait qu’il n’y a pas un texte en Côte d’ivoire qui fixe le taux de participation à un certain ratio avant de le valider ?", interroge celui qui dirige aussi l’Institut de Stratégies à Abidjan. Sylvain N'Guessan s'inquiéte pour la suite. "L’élection sera validée et le débat va se déplacer sur le terrain de la légitimité pour dire qu’Alassane Ouattara a été mal élu que l’opposition a gagné, en espérant certainement que la rue reprenne du service",

Pas de vote par endroit

Stratégie payante ou pas sur le long terme, l’opposition a tout de même réussi à empêcher la tenue du scrutin, par endroit. Du matériel électoral a été brulé à la gendarmerie de Brobo, à une vingtaine de kilomètres de Bouaké, la deuxième ville du pays (centre) et à Mbatto, dans la région du Moronou (Centre-Est), considéré comme le fief électoral de Pascal Affi N’Guessan. A Bouadikro et Bongouanou, aussi des fiefs de Affi N'Guessan, les bureaux n'ont pas ouvert. 

Dans le quartier de Blockhauss à Abidjan, plusieurs centaines de jeunes ont même empêché vers midi l'ouverture de bureaux de vote et ils ont affronté les forces de police dépêchées sur place.

Écouter l'audio 04:56

Fahiraman Rodrigue Koné : "Globalement, le taux de participation sera très bas"

"On aura environ une quarantaine de zones comme ça, dans l’ouest aussi et dans le centre, là ou Henri Konan Bédié est et où la population vote massivement PDCI. On aura forcément des tensions dans ces zones. Je ne suis pas sûr. Il faudrait voir véritablement quel est le poids électoral de ces zones. Mais globalement, il faut se rendre compte que le taux de participation sera très bas", explique Fahiraman Rodrigue Koné.

Beaucoup d’observateurs craignent une résurgence des tensions après cette journée de vote qui s’est globalement bien déroulée, en dépit des incidents relevés dans plusieurs localités du pays.

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