Bruxelles ne sait pas parler aux marchés | International | DW | 17.12.2010
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International

Bruxelles ne sait pas parler aux marchés

Les 27 chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE ont eu beau afficher leur unité lors du sommet européen, ils n’ont pas su rassurer et l'agence de notation Moody's a baissé de cinq points la note de l'Irlande.

Le Sommet des 27 s'est tenu jeudi et vendredi à Bruxelles

Le Sommet des 27 s'est tenu jeudi et vendredi à Bruxelles

Comme souvent, l’Europe c’est une question de point de vue. La réponse aux questions variant selon son interlocuteur. Ainsi, si on prend les politiques, ceux-ci sont unanimement d'accord sur un point : le fait que le Fonds de stabilité financière soit prolongé sans limite au-delà de 2013 est une avancée importante dans la solidification de la zone euro.

« Aujourd'hui a été un bon jour pour l'Europe car nous avons fait ce que nous devions faire. Nous avons trouvé un accord important sur un mécanisme européen de stabilité, un mécanisme permanent de stabilité », a affirmé sur un ton bravache le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Mais lorsque les journalistes demandent si cela sera suffisant, le chef de l’exécutif européen perd en précision : « Je pense que la réponse importante qui a été donnée par les chefs d'Etats et de gouvernements est que nous ferons tout pour assurer la stabilité financière de la zone euro. »

La chancelière Angela Merkel a souhaité mieux coordonner les politiques économiques de la zone euro

La chancelière Angela Merkel a souhaité mieux coordonner les politiques économiques de la zone euro

Trop vague, pas assez concret

Malgré leurs efforts de pédagogie, les dirigeants européens ne sont toutefois pas parvenus à rassurer les marchés. « Trop vague, pas assez concret », explique-t-on dans les salles de marché où les acteurs se demandent si, oui ou non, les créanciers privés qui achètent des emprunts d'Etat risquent d'en être un jour pour leur frais, en cas de faillite d'un de ces Etats : c’est le fameux haircut qui ne réjouit pas les bailleurs de fonds. Sur ce point, les Vingt-sept n'ont pris aucune décision. L'Allemagne y est favorable, mais ce thème sera traité à l'avenir, au cas par cas.

L'imprécision est aussi grande sur la question de savoir si le Fonds de stabilité financière de 750 milliards d'euros, maintenant qu'il est pérennisé, sera augmenté. Le président du Conseil européen, Hermann van Rompuy, a parlé d'un soutien financier « approprié ». Il faut alors imaginer l'enthousiasme des marchés quand ils ont entendu van Rompuy dire que ce sera « approprié ».

La réaction ne s'est pas faite attendre : l'agence de notation Moody's a baissé de cinq points la note de l'Irlande et la Grèce pourrait suivre. Finalement, même si on l'a beaucoup critiqué, c'est la chancelière allemande Angela Merkel qui s'est montrée la plus lucide en disant que l'Europe a besoin « d'une approche plus commune dans nos politiques économiques ». C'est le débat sur la gouvernance économique qui ne fait que débuter et qui, sans aucun doute, va occuper l’Europe encore longtemps.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Sandrine Blanchard

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