Balade en souterrain au Caire | Interviews exclusives DW | DW | 23.01.2012
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Interviews exclusives

Balade en souterrain au Caire

L’Egypte est le premier pays africain à avoir été doté d'un métro. Une grande fierté pour les Egyptiens qui s’y pressent par dizaines de milliers tous les jours. Tout le monde se retrouve dans ces wagons.

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Le métro cairote, le premier du continent africain

Station Sadate, juste en dessous de la place Tahrir. C'est le point névralgique de la ville non seulement sur mais sous la route. Les voitures s'emmêlent en surface et dans les couloirs du métro, les piétons se bousculent, le nez en l'air dirigé vers les panneaux d'indications.

Construits dans les années 80 par une compagnie Française, le métro cairote comporte deux lignes qui desservent la ville du nord au sud et de l'ouest en est. Yasser, avocat, la soixantaine, en costard cravate, emprunte le métro tous les jours pour aller au travail : « Le métro, c'est le meilleur moyen de locomotion qu'on a en Egypte il résout beaucoup les problèmes d'embouteillages au Caire. C'est très rapide, par exemple, il y a des quartiers où j'aurais besoin d'une heure de voiture pour m'y rendre, alors qu'avec le métro, j'y suis en 10 minutes ! Et puis le ticket n'est pas cher, juste une livre, et avec ce ticket, tu peux faire plus de 50 kilomètres ! »

Wagons pour femmes

Plus de 50 kilomètres mais hommes et femmes ne se rencontrent pas. Les Egyptiennes ont demandé à avoir leurs propres wagons, deux au milieu du train. Cela pour éviter les gestes ou les regards déplacés de la part des hommes. Un fonctionnement en général très respecté mais pas encore assez pour Aya, une étudiante : « Le métro, il est très bien, le seul problème c'est que souvent, on a beau avoir des wagons exprès pour nous, les hommes montent quand même. Il y a aussi plein de gens qui montent dans le métro pour mendier ou vendre de petites choses. »

Skyline von Kairo

Le Caire, une ville en ébullition

Des bonbons, des sacs, des barrettes à cheveux, des mouchoirs, on vend de tout dans les wagons pour femmes. Une grande pagaille qui tourne parfois à l'émeute quand il s'agit de descendre du train et que personne n'est prêt, selon cet Egyptien : « Le seul problème avec le métro c'est que, quand il est en retard de 10 minutes, les gens se poussent pour entrer et descendre du wagon, et il y a souvent des gens qui tombent. Le vrai problème, c'est que les Egyptiens ne savent pas utiliser correctement leur métro.»

Un autre homme se plaint aussi du comportement des usagers : « Il y a une porte dans le wagon où est écrit «entrée» et l'autre « sortie» mais les Egyptiens, ils s'en moquent, la plupart des gens ne lisent pas les panneaux, ils se jettent vers la porte la plus proche. Ils n'ont pas cette culture de l'ordre, du respect des règles. »

Le mois prochain ouvrira la troisième ligne de metro. Un événement pour les Egyptiens qui aimeraient bien ne pouvoir circuler qu'en souterrain.

Auteur : Marion Touboul, correspondante au Caire
Edition : Sandrine Blanchard, Cécile Leclerc

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