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Au Mali, les djihadistes imposent le paiement de la zakat

Mahamadou Kane
2 décembre 2025

A Béléko, dans la région de Dioila, les habitants de confession chrétienne sont sous la menace des groupes armés djihadistes qui veulent imposer le paiement de l'impôt islamique.

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Un groupe de trois djihadistes tenant un drapeau islamiste.
(Photo d'illustration) La zakat est un des cinq piliers de l'islam.Image : Inside the Resistance

Depuis juin, des groupes armés djihadistes ont pris position à Béléko dans le sud du Mali, allant jusqu'à imposer la zakat dans plusieurs villages. À Gueguena Flala, où vivent de nombreux chrétiens, la menace est claire. Les imams des villages de Koutoula Ntia, Bongoro ou encore Bougoula ont été sommés par des djihadistes de prélever la zakat de leurs communautés respectives.

Risque de représailles

Cette demande à exécuter sous peine de représailles, inquiète cet habitant qui n'a pas souhaité s'exprimer à visage découvert. Il interpelle les autorités de la transition.

Les explications de Mahamadou Kane

"Ils veulent nous contraindre à nous convertir à l'islam ou à payer une somme équivalente à quatre millions de Franc cfa. C'est la condition posée par les djihadistes pour qu'on continue à faire nos messes. Le dimanche 23 novembre dernier, il n'y a pas eu de culte au niveau de notre église. C'est une situation qui nous préoccupe énormément. Nous demandons à nos autorités de nous venir en aide. La dernière fois que les djihadistes sont venus nous voir, c'était le vendredi 21 novembre."

Banditisme

Mais pour Mohamed Mamata Touré, président de An Ko Mali, une organisation de l'ex société civile malienne, les agissements des groupes armés qui revendiquent le djihad islamique ne sauraient prospérer, encore moins, créer des tensions entre chrétiens et musulmans : 

Mali : le djihad économique, nouvelle arme du JNIM

"Si vous voyez des personnes imposées des montants à une communauté religieuse et leur demander de payer un quelconque montant ou de se reconvertir. Nous devons comprendre par-là, que cet acte n'a aucun lien avec la religion musulmane, c'est du banditisme. Sinon autrement, on n'a jamais obligé quelqu'un à payer de l'argent pour qu'il se convertisse."

Malgré nos tentatives, nous n'avons pas pu entrer en contact avec les autorités régionales et notamment le gouvernorat de Dioila et la préfecture de cercle de Béléko où la peur est devenue quotidienne pour les habitants.