AstraZeneca est-il le bon vaccin pour l’Afrique ? | Afrique | DW | 18.02.2021
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AstraZeneca est-il le bon vaccin pour l’Afrique ?

Le continent a sécurisé plus d’un milliard de doses anti-Covid mais ce plan repose sur un vaccin qui serait moins efficace contre le variant sud-africain.

C'est en apparence une bonne nouvelle pour l'Afrique. L'Organisation mondiale de la santé(OMS) a annoncé le 15 février avoir accordé son homologation d'urgence au vaccin anti-Covid d'AstraZeneca. 

Ceci va permettre à l'Union africaine et à Covax, le dispositif onusien destiné à fournir des vaccins aux pays défavorisés, d'enclencher la distribution de centaines de millions de doses. 

Covax a en effet basé une grande partie de sa stratégie vers les pays à faibles revenus sur le vaccin d'AstraZeneca, moins cher que les autres et plus facile à stocker puisqu'il peut être conservé dans des réfrigérateurs et non à très basse température.

Au niveau mondial, la stratégie de Covax dépend beaucoup du vaccin d'AstraZeneca.

Au niveau mondial, la stratégie de Covax dépend beaucoup du vaccin d'AstraZeneca.

La décision de l'OMS était donc très attendue mais elle ne résout pas le doute sur l'efficacité de ce vaccin contre le variant sud-africain. Un risque qui pourrait remettre en cause toute la stratégie du continent.

Fin janvier, l'Africa CDC, l'agence de santé publique de l'Union africaine, a annoncé que le continent avait sécurisé 400 millions de doses supplémentaires de vaccins contre la Covid-19, toutes provenant du vaccin d'AstraZeneca fabriqué par le Serum institute of India (SII).

En tout, si on ajoute les réserves du Covax, l'Afrique pourra compter sur un peu plus de 1,2 milliards de doses de vaccins.

Il en faut 1,5 milliards pour vacciner 60% de la population du continent et ainsi atteindre le seuil de l'immunité collective.

AstraZeneca représente les trois quarts des doses de vaccin réservées par l'Union africaine.

AstraZeneca représente les trois quarts des doses de vaccin réservées par l'Union africaine.

John Nkengasong, le directeur de l'Africa CDC, rappelle que l'objectif est de couvrir un tiers de la population africaine d'ici la fin de l'année.

Mais à ce jour, seuls cinq pays ont commencé à vacciner : l'Egypte, la Guinée, le Maroc, le Rwanda et les Seychelles. "Et dans le cas de la Guinée, cela ne concerne je crois que 50 à 60 personnes”, a déclaré John Nkengasong au cours d'une conférence de presse.

La nouvelle de l'homologation par l'OMS devrait donc accélérer la campagne de vaccination sur le continent qui doit débuter à la fin du mois de février. 

Les doses du vaccin AstraZeneca destinées à Covax et à l'Union africaine sont fabriquées en Corée du Sud par SK Bio et en Inde par SII et l'homologation par l'OMS concerne ces deux versions.

Infografik Sehr L'Afrique n'a pas encore vraiment débuté sa campagne de vaccination.wenige Impfungen gegen Covid in Afrika FR

L'Afrique n'a pas encore vraiment débuté sa campagne de vaccination.

Mais si le vaccin d'AstraZeneca est agréé, son efficacité sur le variant sud-africain B.1.351 a été mise en doute par une étude récente. A tel point que l'Afrique du Sud a décidé de reporter le début d'une vaccination prévue avec AstraZeneca, préférant poursuivre avec le vaccin de la firme pharmaceutique américaine Johnson & Johnson, dont elle a commandé neuf millions de doses.

Dans ses recommandations sur ce vaccin, le Groupe stratégique consultatif d'experts de l'OMS sur la vaccination (SAGE) a pourtant recommandé, le 10 février, en dépit des doutes, son utilisation dans les pays où les variants sont présents.

En comptant tous les pays de l'Union africaine, le nombre de doses devrait dépasser les 700 millions.

En comptant tous les pays de l'Union africaine, le nombre de doses devrait dépasser les 700 millions.

Submergé par le variant

L'Union africaine dit la même chose, ou presque. Dans une "recommandation aux Etats membres et aux autorités sanitaires”, l'Africa CDC conseille, dans les pays où le variant sud-africain est présent, d'accélérer la "préparation à l'introduction de tous les vaccins Covid-19 qui ont reçu l'autorisation ou l'approbation d'utilisation d'urgence.” 

Est-ce que cela signifie que les pays doivent élargir leurs commandes ? Bien sûr, ils le font déjà sous la forme de contacts bilatéraux avec les laboratoires, des doses qui ne dépendent ni de Covax ni de l'Union africaine.

L'Auda-Nepad, l'agence pour le développement de l'Union africaine, a ainsi recensé une quinzaine de pays africains ayant passé ce type d'accord pour un montant d'environ 200 millions de doses.

Le Sénégal vient par exemple de recevoir 200.000 premières doses du vaccin chinois Sinopharm.

Le variant du virus découvert en Afrique du Sud a désormais été recensé dans au moins six autres pays d'Afrique : le Botswana, les Comores, le Ghana, le Kenya, le Mozambique et la Zambie. 

Mais il n'y aurait, selon John Nkengasong, le directeur de l'Africa CDC, aucune étude démontrant que ce variant est dominant dans un de ces pays. "C'est un bon vaccin sans le variant et le variant n'aura un impact que s'il submerge un pays", a-t-il ajouté.

Le directeur de l'Africa CDC semble donc recommander l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca tant que le variant sud-africain n'est pas "dominant" dans un pays.  

Mais c'est déjà le cas en Afrique du Sud. Comment assurer alors que ce n'est pas aussi le cas au Mozambique et au Ghana et peut-être demain au Togo et en Côte d'Ivoire ? Beaucoup de pays ne savent pas quelle souche du virus est dominante.

"Il y a un besoin croissant d'enquêter afin de savoir dans quelle mesure le nouveau variant circule, en particulier dans les pays voisins de l'Afrique du Sud”, a ainsi rappelé le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Matshidiso Moeti.

Tous les pays d'Afrique francophone recevront le vaccin d'AstraZeneca.

Tous les pays d'Afrique francophone recevront le vaccin d'AstraZeneca.