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"On a un peu de réticences à toucher certains sujets"

1 avril 2026

Ambassadeur Agalawal qui se présente comme un diplomate et non un comédien indique sur la DW que l’humour est contextuel et que l’humour ne permet pas de tout faire.

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Ce mercredi1er avril, c’est la Journée internationale de la blague. Une date bien connue, associée aux farces et aux canulars, et qui s’inscrit dans une tradition ancienne, partagée dans de nombreux pays à travers le monde, même si elle n’est pas officiellement reconnue. 

L’occasion pour nous d’aborder un sujet sensible : l’humour. Peut-on rire de tout ? A-t-on le droit de faire des blagues sur tous les sujets ?
Certains répondent non. Mais pour l’humoriste ivoirien, l’Ambassadeur Agalawal, tout dépend du contexte. Il est au micro de Julien Adayé…

 

L'humour a le même résultat, c'est rire. C'est le rire qui est au bout de tout. Mais la seule différence est que l'humour est contextuel. Ce qui fait rire dans les autres sphères ou dans les autres environnements ne fait pas forcément rire en Côte d'Ivoire. Ça ne fait pas forcément rire en Allemagne ou bien aux Etats Unis. Donc, il faut contextualiser en fait. C'est là que moi je vois un peu la différence. Sinon, à part ça, c'est les mêmes sujets qu'on aborde, mais de différentes manières et selon les contextes.

 

Existe-il aujourd'hui encore des tabous en humour tels qu'en politique ?

Je peux dire souvent on a un peu nous-mêmes des réticences à toucher certains sujets. Seulement que c'est une question d'intelligence.

C'est vrai, tu fais de l'humour, mais selon la cible qui est devant toi, tu dois pouvoir ménager tes propos de sorte que des sensibilités ne soient pas écorchées. Parce que tous les sujets font rire. Mais c'est pas tout le monde qui accepte ces sujets. Il y a des sujets un peu difficiles à traiter, selon le contexte. Tout est utile, mais tout n'est pas à faire.

Escales : le rire au garde-à-vous

 

Est-ce que tu te souviens de la dernière fois où tu as raconté des blagues et personne n'a ri ?

Oui, il y a eu des cas, mais là on peut donner des explications parce que souvent il y a des gens qui ne sont pas dans la disposition pour écouter, pour te suivre. Souvent, quand c'est comme ça, tu ne peux pas faire de l'humour, tu fais juste de l'animation, tu taquines les gens et puis tu sors.

Il n'y a pas d'humoriste qui va te dire que il n'a pas eu de flop. On a toujours eu des flops, mais comme c'est notre métier, on apprend de ça et puis on relance. On est résilient (rires). Moi, je n'ai pas assez ce problème-là, où on ne fait pas rire le public, mais moi je suis un diplomate. Il faut que les gens sachent que ce que je fais, c'est de la diplomatie et non de la comédie. Parce que les gens ont tendance à confondre mon métier avec de l'humour. Non, quand même, on avance.

 

Alors, Excellence Monsieur l'Ambassadeur Agalawal, qu'est-ce qui te fait rire, toi ?

Qu'est-ce qui me fait rire ? Ah ! (rires) C'est difficile de le dire comme ça, hein ! Qu'est-ce qui me fait rire ? Waouh !

Bon, franchement, ça va vous paraître bizarre, mais faire une guerre qui engage Israël, l'Iran des peuples hautement spirituels pendant le moment de Ramadan et de carême chrétien, pour moi ça fait trop rire parce que ça veut dire que peut-être qu'eux-même, ils ne croient pas en leurs affaires.