Afrique : Amnesty alerte sur l’aggravation des droits
21 avril 2026
Amnesty International a rendu public, mardi (21.04), son rapport annuel consacré à la situation des droits humains dans le monde. L’organisation y décrit une dégradation continue et généralisée des libertés fondamentales, marquée par une intensification des violations sur tous les continents. États, gouvernements, forces de sécurité mais aussi acteurs privés sont directement mis en cause. Le rapport souligne également que la majorité des responsables de ces atteintes aux droits humains continue d’échapper à toute forme de justice, renforçant ainsi le sentiment d’impunité.
L’Afrique de l’Ouest et du Centre fortement affectée
Selon Amnesty International, l’Afrique de l’Ouest et du Centre figure parmi les régions les plus touchées. La situation y est jugée particulièrement préoccupante en raison de la multiplication des crises sécuritaires, politiques et humanitaires.
Les conflits armés en cours continuent d’entraîner des conséquences dramatiques sur les populations civiles, notamment en République démocratique du Congo, au Soudan, en Somalie, au Burkina Faso et au Mali. Les civils restent les premières victimes des violences, des déplacements forcés et des crimes de guerre.
Le rapport met aussi en lumière une augmentation inquiétante des disparitions forcées, des détentions arbitraires et des actes de torture dans plusieurs pays de la région. Ces pratiques, souvent commises par des forces étatiques ou des groupes armés, contribuent à un climat de peur et de répression.
Selon Habibatou Gologo, directrice régionale adjointe chargée des campagnes au bureau régional d’Amnesty International à Dakar, cinq grandes catégories de violations ont été identifiées.
" La première, c'est la poursuite des conflits et l'impunité qui va avec. Ensuite, on a la privation des droits économiques et sociaux des populations, la restriction de l'espace civique, la persistance des violences basées sur le genre et enfin, les effets du changement climatique ", explique-t-elle.
Des conséquences lourdes pour les populations vulnérables
Les répercussions de ces violations sur la vie quotidienne des populations sont considérables, en particulier pour les groupes les plus vulnérables.
"Dans notre région, il y a beaucoup de conflits armés qui sont en cours. Ça a encore mis en danger la vie des populations civiles. Les victimes des crimes les plus graves n'ont pas droit à la justice ni à des droits de recours efficaces ", ajoute la directrice régionale adjointe chargée des campagnes au bureau régional d’Amnesty International à Dakar.
La réduction de l’aide internationale aggrave également la situation. La suspension de certains financements, notamment par les États-Unis, a fragilisé les systèmes de santé dans plusieurs pays, mettant en danger des millions de personnes atteintes du VIH ou de la tuberculose.
Dans le domaine de l’éducation, Amnesty International souligne la fermeture massive d’écoles. Au Tchad et au Mali, près de 2 000 établissements ont cessé leurs activités, compromettant l’accès à l’enseignement de plus de 600 000 enfants.
Quelques signaux positifs malgré un contexte sombre
Malgré ce tableau largement sombre, Amnesty International note que l’année 2026 s’inscrit dans la continuité de ces tendances, tout en relevant quelques avancées notables. Certaines mesures positives ont été observées, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre et la libération de personnes détenues arbitrairement. Au Togo, l’ouverture d’une enquête sur les massacres de manifestants survenus en juin 2025 est présentée comme un signal encourageant.
Pour Amnesty International, ces avancées restent toutefois insuffisantes au regard de l’ampleur des violations constatées, appelant les États à agir de toute urgence pour protéger les droits fondamentaux.