Affaire Mulunda: la liberté d′expression régresse-t-elle en RDC? | Afrique | DW | 20.01.2021
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Afrique

Affaire Mulunda: la liberté d'expression régresse-t-elle en RDC?

Le pasteur Mulunda, ex président de la Commission électorale indépendante sous Joseph Kabila, a été conduit le 19 janvier à la prison de Kasapa à Lubumbashi.

Joseph Kabila Präsident Kongo

 

Cette arrestation intervient après l'une de ses prédications, le 16 janvier dernier, dans laquelle il aurait tenu des propos séparatistes.

Son incarceration en rappelle d’autres qui ont récemment eu lieu en République démocratique du Congo, où la liberté d’expression semble de plus en plus mise à mal.

Des échauffourées ont éclaté mardi (19.01) à Lubumbashi dans la province du Haut Katanga à la suite de l’arrestation du pasteur par les services secrets congolais.

Celui-ci aurait tenu des propos séparatistes lors d’un culte célébré le 16 janvier en mémoire de "Kabila père."

Ses avocats ont refusé de prendre part à la procédure avant la vérification des actes qui ont conduit à son incarcération.

Une affaire qui soulève de nombreuses questions et inquiète les militants des droits de l’homme, comme cet habitant de Lubumbashi qui a souhaité s’exprimer sur notre antenne sous couvert de l’anonymat.

"Quand ce sont les agents de renseignement qui doivent interpeller un civil mais surtout de la manière dont ils ont procédé, c’est vraiment inquiétant. Nous, les activistes des droits de l’homme, nous inquiétons parce que le régime en place a été dans l’opposition et les mêmes pratiques ont été reprochées au régime de Joseph Kabila."

Le cas du pasteur Mulunda n’est pas un fait isolé en RDC où de plus en plus de voix s’élèvent sur les réseaux sociaux pour dénoncer les menaces dont elles font l’objet.

C’est le cas du journaliste indépendant Rodriguez Katsuva qui a dû fuir vers le Rwanda parce qu’il se sentait menacé de mort en RDC.

Rodriguez Katsuva s’est interrogé sur le fait que le Dr. Munyangi, qui aurait reçu plus d’un demi-million de dollars pour ses recherches dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, ait été récemment rencontré pour les motiver, des militants de l’UDPS, parti dont est issu l’actuel président congolais.

"Il y a une armée en ligne qui traque tous les commentaires, toutes les vidéos, toutes les productions, tous les posts contre le régime. Cette armée vous menace en ligne. Deuxième chose, les émissions sur les médias traditionnels comme la radio ou la télévision et les parutions dans les médias sont tous scrutés. Si vous osez critiquer le pouvoir en place, vous avez un procès ! Et maintenant, même les prédications dans les églises commencent à être suivies, on ne peut plus tout dire. Sous Kabila il n’y avait pas cette armée numérique qui joue les espions en ligne. Sous Kabila, je n’ai jamais été menacé, je n’ai jamais senti que faire un travail, dire des vérités me mettait autant en danger que pendant cette période", s’indigne le journaliste.

Mais pour Tina Salama, porte-parole adjointe du chef de l’Etat congolais, la liberté d’expression reste le baromètre de la démocratie dans un pays mais celle-ci doit être encadrée.

"Ceux qui sont honnêtes vous diront que jamais la parole n’a autant été libérée qu’avec le président Félix Antoine Tshisekedi. Il était le premier à dire que chacun a le droit de le critiquer ou critiquer ses actions mais sans verser dans l’injure. Aujourd’hui, avec l’avènement des réseaux sociaux, on voit certains faire appel à la haine tribale, avoir recours à l’incitation à la violence, aller même jusqu’à des messages séparatistes, ce qui n’est pas tolérable. Tout le monde sait que la liberté d’expression est l’essence même d’une démocratie mais n’oublions pas qu’elle est cantonnée dans certaines limites."

En 2020, la RDC était classée à la 150e place sur 180 pays en matière de liberté d’expression, selon le baromètre de Reporters sans frontières.