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Afrique

Prise d'otages au Mali: les forces de sécurité sont-elles trop faibles?

La prise d'otage dans l'hôtel Radisson à Bamako révèle surtout une chose: les regards des forces de sécurité - qu'elles soient maliennes ou internationales - sont trop tournés vers le nord. Les terroristes en profitent.

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"Beaucoup de Maliens perçoivent la Minusma plutôt comme une source d'insécurité plutôt qu'une source de stabilisation" (Ibrahim Maiga)

Selon des sources sécuritaires jointes à Bamako, les assaillants qui ont investit tôt ce matin l'hôtel Radisson sont venus à bord d'une voiture avec une plaque d'immatriculation diplomatique. Surprenant selon Me Seydou Doumbia, président d’Avocats sans frontières-Mali : « l’action précise au niveau de l’hôtel est quand même quelque chose d’assez insolite (…) L’action de ces gens, fondamentalement, ne peut pas se passer sans complicité intérieure »

L'hôtel Radison, un complexe apprécié des étrangers et des Maliens

L'hôtel Radison, un complexe apprécié des étrangers et des Maliens

Au Niger, voisin du Mali, les autorités ont également réagi. Abdoulkadri Tidjani, secrétaire général et président du groupe parlementaire du MNSD-Nassara, le parti de l’ex-président Mamadou Tanja, plaide pour une coopération régionale contre le terrorisme. Selon lui, « aucun pays aujourd’hui n’est à l’abris de ces attaques là. On ne peut pas mettre un soldat à la porte de chaque maison. D’autre part, ces acteurs sont confondus avec la population, ce qui rend difficile leur identification. »

EUTM, Barkhane, Minusma en question

L'armée malienne combat depuis plusieurs années les groupes armés qui occupent toujours des parties du territoire. L'armée jouit du soutien de l'EUTM, une mission de formation de l'Union européenne à laquelle l'Allemagne participe. La France aussi dispose d'une mission anti-terroriste, appelée Barkhane, qui est positionnée dans le nord du pays. Ajoutées à la Minusma, la Mission de stabilisation de l'ONU, toutes ces forces devraient aider à maintenir la sécurité au Mali.

Malgré toute cette présence militaire, le matin du vendredi 20 novembre, l'hôtel Radisson Blu de Bamako a été attaqué par des hommes lourdement armés qui avaient, dans un premier temps, pris 170 personnes en otage. Au cours de l’assaut par les forces maliennes, des forces spéciales américaines et françaises sont venues à la rescousse. Selon le Ministre malien de la Sécurité, les assaillants n’avaient plus d’otages entre leurs mains dans l’après-midi.

Interview avec Ibrahim Maiga (ISS)

Pour mieux comprendre la situation, Fréjus Quenum a joint Ibrahim Maiga, chercheur pour l'antenne ouest-africaine de l'Institut d'études de sécurité (ISS) de Pretoria qui est actuellement à Bamako.

Ibrahim Maiga :“Beaucoup de gens au Mali, beaucoup de citoyens avec lesquels j'ai été discuter perçoivent d'ailleurs la Minusma plutôt comme une source d'insécurité plutôt qu'une source de stabilisation dans la mesure où ça attire l'attention évidemment sur Bamako, sur des endroits plus ou moins huppés de la capitale."

DW: "Est-ce qu'en réalité, il y a une collaboration entre Barkhane, entre la Minusma et l'armée malienne? Il y a la mission de formation de l'Union Européenne qui est présente également au Mali, est-ce qu'il y a vraiment des résultats qui sortent de toute cette coopération?"

La Minusma est présente depuis juillet 2013 au Mali

La Minusma est présente depuis juillet 2013 au Mali

Maiga: "A ce niveau-là on peut dire qu'il y a des résultats concrets par exemple l'opération Seno qui est toujours en cours d'ailleurs dans la région de Mopti qui a permis d'avoir des résultats très concrets. On a eu une opération il y a quelques mois dans la région du Sikasso avec des résultats plus ou moins tangibles. Encore une fois il faudrait peut-être améliorer cette coopération-là mais il faudrait penser surtout à avoir une stratégie beaucoup plus cohérente au niveau national."

DW: "On a l'impression que toutes les attentions sont concentrées sur le nord du pays, où il y a une résistance des groupes terroristes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la France a déployé la mission Barkhane. Est-ce que vous croyez que c'est pour ça que les terroristes, qui savent que toutes les attentions sont orientées vers le nord essaient de s'infiltrer dans le sud, où on s'y attend le moins."

Maiga: "Evidemment. C'est une technique connue. Mais il revient tout de même aux autorités nationales encore une fois de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité."

DW: "Quelle appréciation faites-vous du niveau d'aptitude de l'armée malienne actuellement pour faire face à la menace sécuritaire ?"

Maiga: "Ce qu'on constate, c'est qu'effectivement, l'Union Européenne a formé des groupements techniques inter-armées. Mais encore une fois, cette formation de l'EUTM ne suffira pas pour mettre à niveau l'armée malienne. Je rappelle que les causes de la déchéance de l'armée malienne sont des causes profondes, structurelles, qui ont pris vingt, trente, voire trente-cinq ans, quarante ans, pour se mettre en place. Donc il faudra plus qu'une année simplement de formation pour mettre à niveau cette armée qui était, je le rappelle, déliquescente."

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