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Dossier spécial

Mali : chronologie d'une crise

Depuis l'opération qui a chassé les islamistes du Nord-Mali en janvier 2013, le principal défi était d'organiser l'élection présidentielle sur tout le territoire. C'est chose faite. Le Mali peut se reconstruire.

Des habitants de Ségou observent la liste électorale, le 28 juin 2013

Des habitants de Ségou observent la liste électorale, le 28 juin 2013

2012

  • 22 mars : des militaires annoncent avoir renversé le régime du président Amadou Toumani Touré, l'accusant d' "incompétence" dans la lutte contre la rébellion et les groupes islamistes dans le Nord. Rassemblés derrière le capitaine Amadou Haya Sanogo, les membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) décident de suspendre la Constitution.
  • 30 mars : le mouvement islamiste armé Ansar Dine, appuyé par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et des éléments d'Aqmi, s'empare de la ville de Kidal (nord-est). Le 31, les rebelles prennent Gao et le lendemain, c’est au tour de Tombouctou de tomber aux mains du MNLA.
  • 6 avril : le MNLA proclame unilatéralement l’indépendance de la région de l’Azawad. Le même jour, un accord-cadre est signé entre la junte et la Cédéao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest). Il prévoit un transfert du pouvoir aux civils.
    Un Mali coupé en deux, c'est la situation qui prévaut jusqu'au début de l'intervention militaire en janvier 2013

    Un Mali coupé en deux, c'est la situation qui prévaut jusqu'au début de l'intervention militaire en janvier 2013

  • 12 avril 2012 : Dioncounda Traoré, ancien président de l’Assemblée nationale, est investi président. Le 17, l’astrophysicien Cheick Modibo Diarra devient Premier ministre de transition.
  • 30 avril : les forces restées loyales à l’ex-président Amadou Toumani Touré mènent des attaques contre le camp des militaires putschistes à Kati, contre l’aéroport et la radio-télévision nationale. La junte affirme le lendemain avoir fait échouer cette tentative de contre-coup d’État. Les combats ont fait 22 morts et des dizaines de blessés.
  • 19 mai : un accord est conclu entre la junte et la Cédéao. Les militaires putschistes se voient garantir l’amnistie. Le capitaine Sanogo obtient le statut d’ancien chef de l’État et le président Dioncounda Traoré est confirmé à son poste pour un an. Un délai qui doit permettre d’organiser des élections.
  • 21 mai : Dioncounda Traoré est agressé dans son bureau par des manifestants, malgré la présence sur place de la Garde nationale. Il est hospitalisé et part se faire soigner en France.
  • 28 juin : les rebelles touaregs du MNLA quittent Tombouctou. Les islamistes du Mujao prennent le contrôle total de Gao après de violents combats avec des rebelles touaregs.
  • du 30 juin au 2 juillet : à Tombouctou, les islamistes d'Ansar Dine détruisent de nombreux mausolées et monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco.
  • 1er juillet : la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, déclare que la destruction de lieux saints musulmans à Tombouctou est un "crime de guerre" passible de poursuites de la CPI.
  • 8 juillet : réunion à Ouagadougou du Groupe de contact sur le Mali (présidents de six pays d'Afrique de l'Ouest) qui demande la formation d'un gouvernement d'union nationale d’ici fin juillet.
Un combattant du Mujao, le 16 juillet 2012 à Gao

Un combattant du Mujao, le 16 juillet 2012 à Gao

  • 27 juillet 2012 : retour du président intérimaire Dioncounda Traoré à Bamako. Deux jours plus tard, il annonce la création d'un Haut conseil d'État, qu'il prévoit de diriger et d'un gouvernement d'union nationale.
  • 12 octobre : le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution pressant les pays ouest-africains de préciser leurs plans en vue d'une intervention militaire destinée à reconquérir le nord du Mali. Le texte invite aussi le gouvernement malien et les rebelles touaregs, évincés dans le nord malien par les islamistes, à entamer un processus de négociation.
  • 11 novembre : sommet sur le Mali à Abuja. Des dirigeants de la Cédéao et d'autres pays africains décident d'envoyer 3.300 militaires pour aider l'armée à chasser les groupes islamistes du Nord.
  • 14 novembre : Ansar Dine renonce à vouloir imposer la loi islamique dans tout le pays, sauf dans son fief de Kidal. Le groupe armé se dit prêt à aider à "débarrasser" le Nord du "terrorisme" et des "mouvements étrangers".
  • 16 novembre : des représentants d'Ansar Dine et du MNLA rencontrent le médiateur Blaise Compaoré à Ouagadougou. Ils se disent prêts à "un dialogue politique" avec Bamako.
  • 19 novembre : les ministres des Affaires étrangères de Union européenne donnent leur accord de principe à l'envoi de 250 formateurs au Mali à partir de janvier 2013, pour entraîner les forces maliennes. Le Mujao chasse les rebelles touaregs de la localité de Menaka après de sanglants combats.
  • nuit du 10 au 11 décembre 2012 : le Premier ministre Cheick Modibo Diarra est arrêté par une vingtaine de militaires sur ordre du capitaine Sanogo. Quelques heures plus tard, il annonce à la télévision la démission de son gouvernement. Diango Cissoko, médiateur de la République, est nommé dès le 11 décembre pour le remplacer.
    Des soldats français sur une base militaire de Bamako, le 14 janvier 2013

    Des soldats français sur une base militaire de Bamako, le 14 janvier 2013

2013

  • 10 janvier : les insurgés islamistes progressent vers le sud et chassent l'armée de la localité stratégique de Konna.
  • 11 janvier : répondant à l'appel à l'aide lancé par le président malien, la France intervient militairement dans le cadre d'une opération baptisée "Serval".
  • 16 janvier : le conflit malien a des répercussions en Algérie. Des islamistes attaquent une installation gazière à In Amenas, affirmant agir "en réaction à l'ingérence de l'Algérie" qui a autorisé l'aviation française à survoler son territoire. Les forces algériennes mènent l'assaut. Bilan : 37 otages étrangers et 29 jihadistes tués.
  • 18 janvier : les forces françaises et maliennes reprennent le contrôle de Konna. Le 21, deux autres villes, Diabali et Douentza, sont reprises.
  • 24 janvier : une faction des Touaregs d'Ansar Dine, l'un des groupes islamistes qui contrôlent le nord du Mali, quitte l'organisation et annonce être prête à des négociations avec le gouvernement de Bamako.
  • 26-30 janvier : reprise de Gao, puis de Tombouctou par les forces maliennes et françaises.
  • 29 janvier : conférence de donateurs internationaux à Addis Abeba : au total, 455 milliards de dollars sont promis, principament pour financer l'opération militaire.
  • 2 février : le président français François Hollande en visite à Tombouctou et Bamako, réaffirme que la France restera "le temps qu'il faudra".
    Des renforts venus du Tchad participent à l'opération de reconquête du Nord

    Des renforts venus du Tchad participent à l'opération de reconquête du Nord

  • 5 février : les soldats français contrôlent l'aéroport de Kidal et la ville elle-même est "sécurisée" par quelque 1.800 Tchadiens.
  • 8 février : premier attentat suicide à Gao, revendiqué par le Mujao. À Bamako, attaque par des militaires maliens du camp d'une ancienne unité d'élite de l'armée.
  • 9 mars : le contingent tchadien fait désormais partie de la Misma.
  • 2 avril : un premier contingent de 570 soldats maliens entame sa formation par des instructeurs militaires européens. Ces derniers ont pour objectif de restructurer l'armée malienne.
  • 25 avril : le Conseil de sécurité autorise une force de 12.600 Casques bleus chargés de stabiliser le Nord. Cette Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) doit être déployée au 1er juillet.
  • 15 mai : une nouvelle conférence des donateurs permet de lever plus de 3 milliards d'eurospour le Mali
  • 27 mai : le premier tour de la présidentielle est fixé au 28 juillet sur tout le territoire malien, y compris dans le nord.
  • 2 juin : des habitants de Kidal affirment que des membres du MNLA s'en sont pris aux populations noires pour les "expulser" vers Gao. Le MNLA dément toute "chasse aux Noirs" mais confirme des arrestations.
  • 5-6 juin : l'armée malienne reprend le contrôle d'Anefis, une localité située à une centaine de kilomètres au sud de Kidal, après des combats meurtriers contre des rebelles du MNLA.
  • 8 juin : nouvelle tentative de médiationentre Bamako et les groupes touaregs à Ouagadougou, sous l'égide du Burkina Faso. Le principal enjeu est de permettre la tenue de l'élection présidentielle dans la région de Kidal
    Poignée de main entre les délégations de Bamako et des groupes touareg après la signature d'un accord

    Poignée de main entre les délégations de Bamako et des groupes touareg après la signature d'un accord

  • 18 juin : le pouvoir et les rebelles touareg occupant Kidal signent un accordqui prévoit un retour de l'armée à Kidal et un cantonnement des combattants touareg sur des sites de regroupement.
  • 1er juillet : lancement officiel de la Minusma(Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) qui absorbe et remplace la Mission africaine de stabilisation du Mali. Elle comptera à terme 12.600 militaires et policiers.
  • 28 juillet et 11 août : premier et second tours de l'élection présidentielle.
  • 14 août : le capitaine Sanogo, auteur du coup d'État de mars 2012, est promu général. Une annonce qui surprend et indigne les organisations de défense des droits de l'Homme.
  • 15 août : selon les résultats officiels, Ibrahim Boubacar Keïta est élu avec 77,61% des voix. Son adversaire Soumaïla Cissé a déjà reconnu sa défaitequelques jours plus tôt.
    Ibrahim Boubacar Keïta, nouveau président du Mali

    Ibrahim Boubacar Keïta, nouveau président du Mali

  • 4 septembre : Ibrahim Boubacar Keïta est investi présidentdu Mali.
  • 9 septembre : le nouveau Premier ministre Oumar Tatam Lyforme un gouvernement d'ouverturepour répondre aux multiples défis
  • Fin septembre : des militaires tchadiens ayant quitté Tessalit pour Gao sont accusés de violences sexuelles. La Minusma ouvre une enquête.
  • 1er octobre : Le président IBK écourte un voyage à Paris pour cause de regain d’instabilité au Mali. Des soldats de la garnison de Kati – d’où était parti le putsch en 2012 – ont tiré en l’air et pris otage le directeur de cabinet d’Amadou Sanogo, l’ex-chef putschiste. Par ailleurs, les tensions reprennent à Kidal.
  • 14 octobre : le ministre de la Justice évoque la possibilité d’une amnistie pour les crimes commis dans le Nord. Le pouvoir veut maintenir le premier tour des législatives au 24 novembre.
  • 16 octobre : L’ONU réclame un renforcement de la Minusma.
  • 21 au 23 octobre : Assises de la décentralisation, au bilan mitigé.
  • 2 novembre : Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français sont enlevés et assassinés à Kidal. Cet événement suscite un vif émoi.
  • 3 novembre : Début de la campagne électorale officielle pour les législatives du 24 novembre
  • 24 novembre : Premier tour des élections législatives, peu d'engouement.

  • 28 novembre : Les résultats provisoires des législatives ont été publiés. A l'issue du scrutin, aucun parti ou coalition de partis n'atteint la majorité.

  • 29 novembre : Un responsable du MNLA annonce que le mouvement reprend les armes après des affrontements entre des touareg et l’armée malienne à Kidal

  • 3 décembre : Le Premier ministre malien Oumar Tatam Ly déclare que le gouvernement reste ouvert aux discussions avec la rébellion touareg du MNLA.

  • 10 décembre : Dix-neuf membres d'un groupe jihadistes ont été tués lors d'une opération de l'armée française en cours dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali

  • 11 décembre : Le président malien Ibrahim Boubacar Keita est reçu à Berlin par la chancelière Angela Merkel. L'allemagne réaffirme son soutien.

  • 14 décembre : Deux soldats sénégalais ont été tués dans un attentat à la voiture piégée contre une banque à Kidal (nord-est), trois autres Casques bleus et deux soldats maliens gravement blessés.

  • 15 décembre : second tour des législatives, dans un climat tendu après l'attentat meurtrier qui a tué deux casques bleus sénégalais de l'ONU à Kidal.

  • 31 décembre : Dans ses voeux à la Nation, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta souhaite à ses compatriotes "la paix, rien que la paix" en 2014 dans tout le Mali.

2014

  • 8-10 janvier : La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, effectue une visite au Mali et affirme vouloir "renforcer le partenariat" entre le FMI et Bamako.
  • 12 janvier : Ibrahim Boubacar Keïta se rend en visite officielle à Nouakchott. La Mauritanie et le Mali concluent un accord de coopération pour lutter contre les groupes armés ou terroristes.