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Violences dans l’est de la RDC

Avec agences
13 avril 2021

Un conflit a opposé hier [12.04.21] à Goma, dans l'est de la RDC, des jeunes appartenant à deux tribus différentes. Les affrontements ont causé de nombreux dégâts.

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Kongo DRK UN-Soldaten der Mission MONUSCO
Image : DW/Flávio Forner

Des maisons ont été incendiées, des personnes tuées et plusieurs autres ont fui leurs maisons craignant pour leur sécurité. Ces violences font suite à la mort de deux jeunes après des manifestations dimanche soir, pour dénoncer l'insécurité.

Valise sur la tête, accompagnée de ses cinq enfants, Feza fuit son quartier, où elle a été témoin de violences. 

Patrouille de soldats congolais dans l'est de la RDC
Patrouille de soldats congolais dans l'est de la RDC Image : DW/J. Kanyunyu

"Je quitte mon quartier pour aller dans le quartier Karoui, je pense que là il y a la sécurité.  Là où je viens on brûle les maisons et la nuit d'hier on découpait les gens à la machette, et cela m'a fait très peur ", témoigne cette habitante de la ville de Goma.

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Colère

Selon les témoignages recueillis sur place, cette situation très tendue fait suite à la mort dimanche soir de deux personnes de la tribu Kumu, majoritaire en territoire de Nyiragongo. La mort de ces personnes a suscité la colère de certains jeunes Kumu présents à Goma et en territoire de Nyiragongo qui ont soupçonné des jeunes Nande d'être derrière ces actes criminels. Des altercations entre ces deux groupes ont causé des victimes même parmi les membres des autres communautés.

La ville de Beni, dans l'est de la RDC
La ville de Beni, dans l'est de la RDCImage : DW/W. Bashi

Samson Mukendi est un commerçant à Goma ne fait pas partie d'aucune des deux communautés qui s'affrontent, mais ses biens ont été incendiés par les jeunes en colère. 

" On ne sait pas vraiment ce qu'ils sont en train de faire. Je ne suis ni Nande ni Kumu. J'avais un dépôt dans lequel je stockais les planches à vendre, et j'avais aussi un restaurant, tous les biens ont été incendiés, je ne sais pas quoi faire.  Je demande à notre gouvernement de me venir en aide, pour voir comment je peux sortir de cette difficulté ", explique-t-il.

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Manifestations

Des groupes de pression et mouvements citoyens ont lancé le 5 avril un appel à manifester pendant dix jours pour dénoncer l'inaction de la Mission des nations unies au Congo (Monusco) face aux massacres des civils dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la province du Nord-Kivu.

"Deux civils" membres de la communauté Kumu ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi à Goma, capitale du Nord-Kivu, a déclaré  le maire, Juvénal Ndabereye.

Des casques bleu de la Monusco  dans l'est de la RDC
Des casques bleu de la Monusco dans l'est de la RDCImage : Alexis Huguet/Getty Images/AFP

Les violences ont éclaté dans les quartiers périphériques de Goma et dans le territoire de Nyiragongo, au nord de la ville après qu'"un motard de Kibumba a été tué dans la nuit", a déclaré de son côté à la presse le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu qui a appelé au calme et à la sérénité, au calme" et a promis de décréter "la ville sans marche jusqu'à nouvel ordre" afin d'"arrêter toutes les manifestations, même celles dites pacifiques".

"Nous dénonçons les violences entre civils à la suite de la mort de deux jeunes tués par la police à Buhene en territoire de Nyiragongo", écrit pour sa part le mouvement Lutte pour le changement (Lucha), un des organisateurs du mouvement de protestation.

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Le reportage de Zanem Nety Zaidi

Les Kumus, une des communautés du Nord-Kivu, ont imputé ces heurts à la communauté Nande, majoritaire à Beni et Butembo, où l'appel à manifester contre les violences est le plus suivi.

Des violences attribuées à des présumés membres du groupe armé Forces démocratiques alliées, un groupe armé musulman d'origine ougandaise présent en RDC depuis 1995.

Le territoire de Beni est le théâtre de violences qui ont fait plus de 6.000 morts depuis 2013, selon l'Église catholique.

Les organisateurs exigent le départ de la Monusco qui compte actuellement environ 15.000 militaires et policiers.