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Attaques contre les infrastructures critiques allemandes

3 octobre 2025

Drones, cybercriminalité et incendies criminels : selon Berlin, les attaques contre les infrastructures allemandes augmentent. Dernier exemple en date : l'aéroport de Munich.

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Interdiction de vol des drones à l'aéroport (20.03.2023)
Après plusieurs incidents survenus dans toute l'Europe, l'Allemagne souhaite renforcer ses mesures de sécurité contre les drones, mais aucun plan concret n'a encore été élaboréImage : Jochen Tack/picture alliance

En Allemagne, des attaques contre les infrastructures critiques ont désormais lieu presque quotidiennement.

Dernier exemple en date : des drones ont été aperçus au-dessus de l'aéroport de Munich (02.10.2025) qui a dû être temporairement fermé. Plusieurs aéroports européens, dont celui de Berlin, ont signalé des incidents similaires ainsi que des cyberattaques qui ont paralysé leurs logiciels de sécurité. Au même moment, la Deutsche Bahn, la société des chemins de fer, a de nouveau été victime d'un grave acte de sabotage sur ses voies ferrées. 

Les entreprises privées sont également de plus en plus souvent victimes d'attaques contre leurs structures numériques. Selon Bitkom, l'association faîtière de l'économie numérique en Allemagne, cela représente à lui seul un coût de 289 milliards d'euros. Alors que dans environ 68 % des cas, les criminels sont soupçonnés d'être à l'origine de ces actes, près de la moitié des entreprises interrogées ont déclaré pouvoir retracer au moins une attaque jusqu'en Russie. Un nombre similaire d'entreprises ont pu établir un lien entre ces incidents et la Chine. 

Le Kremlin est également tenu pour responsable des récentes menaces de drones en Europe. "Il est extrêmement improbable qu'il s'agisse d'un acteur privé. Ce sont des professionnels équipés de matériel coûteux qui sont à l'œuvre ici. Il s'agit très probablement d'un acteur étatique", déclare Manuel Atug, expert en sécurité des infrastructures au sein du groupe de réflexion AG Kritis. 

Selon Manuel Atug, ces attaques, tant physiques qu'en ligne, pourraient avoir pour objectif de  "déstabiliser la société de l'intérieur afin que les gens perdent confiance dans les institutions et le gouvernement".

Un train longue distance de la Deutsche Bahn circule sur la ligne à grande vitesse entre Cologne et Francfort-sur-le-Main, à côté de l'autoroute A3, sur le pont Hallerbachtalbrücke (09.05.2012)
La société de chemins de fer fait aussi face à des attaques sur ses infrastructures Image : Bernd von Jutrczenka/picture-alliance/dpa

Des cyberattaques presque quotidiennes

Début septembre, les services secrets allemands (BND) ont déclaré que les cyberattaques contre les institutions publiques et les infrastructures critiques avaient lieu "presque quotidiennement". Le chancelier fédéral Friedrich Merz a quant à lui reconnu que "la situation sécuritaire n'avait rarement été aussi grave dans l'histoire d'après-guerre du pays".

L'opinion publique allemande redoute également une menace croissante. Dans une étude réalisée cette année par le cabinet d'audit et de conseil PWC, 67 % des personnes interrogées ont exprimé leur crainte d'"attaques hybrides" provenant de la Russie. Et près d'une personne sur deux estimait que le gouvernement était mal préparé à y faire face. 

En effet, l'Allemagne n'est pas à la pointe en matière d'infrastructure numérique. Bien que la Bundeswehr, l'armée allemande, dispose de nombreux experts en informatique, "les chars fonctionnent avec des logiciels datant de 1989", explique Manuel Atug. Cela illustre à quel point le gouvernement allemand est "peu protégé" contre les cyberattaques sophistiquées.

Les extrémistes de gauche aussi impliqués ?

Le vandalisme paralyse la ligne Cologne-Düsseldorf empruntée par les navetteurs (22.09.2025)
Des câbles sectionnés ont récemment paralysé la ligne très fréquentée Cologne-Düsseldorf, très empruntée par les navetteursImage : Henning Kaiser/dpa/picture alliance

Certains responsables politiques ont également accusé des extrémistes de gauche d'être responsables d'attaques contre des trains, notamment le ministre de l'Intérieur de l’Etat-région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Herbert Reul. La raison : une lettre ouverte a été publiée sur un site web considéré comme politiquement de gauche, dans laquelle la responsabilité d'une attaque contre la ligne ferroviaire entre Duisburg et Düsseldorf en août est revendiquée. "Il est donc probable que des extrémistes militants de gauche en soient responsables", a déclaré M. Reul. 

L'expert en sécurité Manuel Atug souligne que "n'importe qui peut publier une lettre anonyme sur cette plateforme. Il est inhabituel qu'aucun autre groupe ou membre de gauche ne se soit solidarisé avec cette action". Ce ne serait certes pas la première fois que des militants de gauche bloquent la circulation, mais les autorités devraient "d'abord mener une enquête en bonne et due forme" au lieu d'exprimer publiquement des soupçons non confirmés. Cela vaut également pour les attaques de drones et les cyberattaques. 

L'opposition demande au gouvernement de Friedrich Merz de prendre des mesures cohérentes et d'indiquer clairement d'où proviennent les menaces, au lieu de lancer des spéculations sans les vérifier. 

Article traduit de l'anglais rédigé par Jeannette Cwienk