Restitution d′œuvres d′art : la RDC est-elle prête? | Afrique | DW | 03.07.2021
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Afrique

Restitution d'œuvres d'art : la RDC est-elle prête?

Près de 61 ans après avoir acquis son indépendance de la Belgique, la RDC doit toujours traiter l'épineuse question de la restitution des œuvres d'art.

Si aujourd'hui, la Belgique est prête à rendre ces œuvres, elle veut aussi savoir si la RDC dispose des structures pour les accueillir. Un vieux débat qui illustre encore une approche occidentale des objets culturels.

"Les demandes de restitution datent d'avant l'indépendance" (Mireille Tsheusi Robert)

Comme l’Allemagne ou encore la France qui se sont prononcées pour la restitution des œuvres d’art à leurs anciennes colonies, la Belgique veut en faire de même avec la RDC.

Une décision toutefois saluée de manière mitigée par certains. C’est le cas de Didier Claes, marchand d’art africain, spécialisé dans les arts d’Afrique centrale. "Je trouve que c’est une décision complètement paternaliste, on a décidé qu’on restitue sans prendre en compte réellement l’avis des Congolais et du Congo", martèle Didier Claes. "A côté de ça, je note qu’il y a quand même une avancée, on est d’accord sur le fait qu’il y a une majorité d’objets qui sont entrés sur le territoire belge de manière légitime et que finalement les objets qui seront probablement restitués représentent une partie infime du patrimoine congolais dans les musées".

Restitution accompagnée d'une réparation financière?

Restitués, oui, mais à condition d’accompagner cela de réparations financières, suggère Mireille Tsheusi Robert, présidente de Bamko cran, un centre féministe de réflexion et d'action sur le racisme anti noirs. "Ces restitutions ne combleront jamais les préjudices subis, il importe donc qu’en plus des excuses officielles, l’on procède à des formes de réparations financières. Je tiens à rappeler que les demandes de restitution datent d’avant l’indépendance", souligne la militante.

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Quant à savoir si la RDC sera prête ou si elle dispose de structures pour accueillir ces œuvres, pour Ribio Nzeza, professeur à l'Université catholique du Congo et spécialiste des politiques culturelles, il est bon de faire le distinguo entre le volet politique et anthropologique. "Sur le plan purement politique et managérial, cette question vaut son pesant d’or parce qu’il faut s’assurer qu’il y aura des infrastructures minimales d’accueil de ces œuvres", rappelle l’enseignant. "Sur un plan purement anthropologique et sociologique, cette question ne peut pas constituer un obstacle à la restitution des œuvres parce qu’elles n’ont pas été prises dans des musées, ces œuvres existaient au sein des communautés pour remplir des fonctions".

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Sur les plus de 80.000 œuvres stockées au Musée de l'Afrique central à Tervuren, seuls 883 seront rendues à la RDC. Il est bon de rappeler que ces objets ont été acquis par la force et la violence dans des conditions opaques.