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RDC : reprise scolaire timide à Uvira après l’occupation

6 janvier 2026

Ecoles désertées, parents inquiets et menaces persistantes, la rentrée des classes est fragile dans la ville d'Uvira après l’occupation des rebelles de l’AFC/M23.

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Nigeria Papiri 2025 | Salle de classe de l'école St. Mary's après un enlèvement massif
Le M23 s'est emparé d'Uvira le 10 décembre, après avoir pris les grandes villes de Goma en janvier puis Bukavu en février. Image : Ifeanyi Immanuel Bakwenye/AFP

Dès ce matin (06.01), les enseignants présents à Uvira, récemment occupée par les rebelles de l’AFC-M23 se sont rendus dans leur école respective, mais ils ont constaté que les élèves, et même certains de leurs collègues, étaient absents. 

République démocratique du Congo Uvira 2025 | Des citoyens burundais traversent la frontière vers le Burundi après les combats.
La récente percée du groupe armé a fait plus de 200.000 déplacés, selon l'ONU, et poussé plus de 80.000 personnes à fuir au Burundi.Image : Moses Sawasawa/AP Photo/picture alliance

" A Uvira, les écoles n’ont pas encore ouvert leurs portes. Une grande partie des parents d’élèves sont encore réfugiés au Burundi, craignant pour leur sécurité. Quant à ceux qui sont restés, ils hésitent à envoyer leurs enfants en raison des détonations dans les collines surplombant la ville d’Uvira ", témoigne cet enseignant dans une école secondaire, qui a requis l’anonymat. 

Parents hésitants face aux menaces et à l’insécurité

Depuis le week-end dernier, des jeunes mandatés par la nouvelle administration locale ont sillonné les différents quartiers d’Uvira, pour inciter les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Mère de quatre enfants, Françoise ne s'est pas laissé convaincre. 

"Je n’ai pas envoyé les miens, car je n’ai pas d’enfants à aller sacrifier. Et aucun parent n’a envoyé ses enfants à l’école. Ce qui nous a beaucoup inquiétés, c’est la menace des wazalendos qui ont envoyé des messages sur les réseaux sociaux, selon lesquels seuls les parents qui ne veulent plus de leurs enfants peuvent les envoyer à l’école. " 

Sauver l’année scolaire

Plusieurs écoles d’Uvira sont aussi occupées par des déplacés en provenance de différentes localités. Néanmoins, le président provincial de l’intersyndicale des enseignants d’Uvira, Jean-Pierre Irenge Batachoka, appelle ses collègues à sauver l’année scolaire : 

République démocratique du Congo Uvira 2025 | Les milices Wazalendo rejoignent les rebelles du M23 après la prise d'Uvira
Kinshasa accuse l'armée rwandaise dans l'est d'avoir tué plus de 1.500 civils depuis décembre 2025.Image : Daniel Buuma/Getty Images

" Concernant les enseignants déplacés vers Bujumbura et dans les moyens plateaux, nous pouvons leur demander s’il y a une possibilité. Je ne peux que les encourager pour qu’ils viennent s’occuper de nos enfants. C’est vrai, je ne suis pas là pour garantir leur sécurité, mais je sais que l’enseignement est apolitique."  

Activiste sociale au Sud-Kivu, Céline Walulonga interpelle les parties en conflit sur l’importance de l’école. 

"Nous savons que l’éducation, c’est la base. Si on n’a pas cette liberté d’aller à l’école, si on n’a pas cette liberté de recevoir cette éducation, cela signifie qu’on est en danger. C’est un choc, c’est un handicap qu’on est en train de créer à la communauté. L’avenir est en danger, la nouvelle génération est aussi en danger", ajoute l'activiste sociale.

Ce mardi (06.01), la situation a été relativement calme à Uvira et le Programme alimentaire mondial a procédé à la distribution de vivres aux familles sinistrées

Vue aérienne sur Bukavu, au bord du lac Kivu
Mitima Delachance Correspondante à Bukavu en RDC pour la Deutsche Welle