RDC : reprise scolaire timide à Uvira après l’occupation
6 janvier 2026
Dès ce matin (06.01), les enseignants présents à Uvira, récemment occupée par les rebelles de l’AFC-M23 se sont rendus dans leur école respective, mais ils ont constaté que les élèves, et même certains de leurs collègues, étaient absents.
" A Uvira, les écoles n’ont pas encore ouvert leurs portes. Une grande partie des parents d’élèves sont encore réfugiés au Burundi, craignant pour leur sécurité. Quant à ceux qui sont restés, ils hésitent à envoyer leurs enfants en raison des détonations dans les collines surplombant la ville d’Uvira ", témoigne cet enseignant dans une école secondaire, qui a requis l’anonymat.
Parents hésitants face aux menaces et à l’insécurité
Depuis le week-end dernier, des jeunes mandatés par la nouvelle administration locale ont sillonné les différents quartiers d’Uvira, pour inciter les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Mère de quatre enfants, Françoise ne s'est pas laissé convaincre.
"Je n’ai pas envoyé les miens, car je n’ai pas d’enfants à aller sacrifier. Et aucun parent n’a envoyé ses enfants à l’école. Ce qui nous a beaucoup inquiétés, c’est la menace des wazalendos qui ont envoyé des messages sur les réseaux sociaux, selon lesquels seuls les parents qui ne veulent plus de leurs enfants peuvent les envoyer à l’école. "
Sauver l’année scolaire
Plusieurs écoles d’Uvira sont aussi occupées par des déplacés en provenance de différentes localités. Néanmoins, le président provincial de l’intersyndicale des enseignants d’Uvira, Jean-Pierre Irenge Batachoka, appelle ses collègues à sauver l’année scolaire :
" Concernant les enseignants déplacés vers Bujumbura et dans les moyens plateaux, nous pouvons leur demander s’il y a une possibilité. Je ne peux que les encourager pour qu’ils viennent s’occuper de nos enfants. C’est vrai, je ne suis pas là pour garantir leur sécurité, mais je sais que l’enseignement est apolitique."
Activiste sociale au Sud-Kivu, Céline Walulonga interpelle les parties en conflit sur l’importance de l’école.
"Nous savons que l’éducation, c’est la base. Si on n’a pas cette liberté d’aller à l’école, si on n’a pas cette liberté de recevoir cette éducation, cela signifie qu’on est en danger. C’est un choc, c’est un handicap qu’on est en train de créer à la communauté. L’avenir est en danger, la nouvelle génération est aussi en danger", ajoute l'activiste sociale.
Ce mardi (06.01), la situation a été relativement calme à Uvira et le Programme alimentaire mondial a procédé à la distribution de vivres aux familles sinistrées.