Réactions à l′élargissement de l′enquête de la CPI | Afrique | DW | 24.02.2012
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Afrique

Réactions à l'élargissement de l'enquête de la CPI

La Cour pénale internationale est autorisée à enquêter en Côte d'Ivoire sur des crimes conte l'humanité ou crimes de guerre remontant à 2002. Cette nouvelle ordonnance relance le débat sur la justice des "vainqueurs".

Depuis le transfèrement de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le mardi 29 novembre 2011 à la Cour pénale internationale, sa formation politique le Front populaire Ivoirien, n'a cessé de demander aux instances de la CPI de remonter les enquêtes sur les crimes commis depuis le 19 Septembre 2002, début de la rébellion qui a divisée le pays en deux. Avec cette nouvelle ordonnance des juges de la CPI, c'est un soulagement selon Amani N'Guessan Michel, secrétaire général adjoint du FPI et ancien ministre de la défense de Laurent Gbagbo :

« Nos prières viennent d'être exhaussées. Prendre la crise post-électorale comme si c'était un phénomène isolé, c'était une injustice. Aujourd'hui, commencer en 2002, c'est une justice qui est faîte à monsieur Laurent Gbagbo et à toute la Côte d'Ivoire. Nous sommes donc satisfaits ».

Comprendre la profonde et longue crise ivoirienne

Den Haag Elfenbeinküste Präsident Laurent Gbagbo vor Gericht Dezember 2011

Laurent Gbagbo en décembre 2011 à la Haye

Du côté du rassemblement des Houphouëtistes, coalition soutenant l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, remonter les enquêtes à 2002 n'est pas une mauvaise chose mais selon Joséphine Coulibaly, cela risque d'allonger la liste des crimes commis par le camp de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo. La porte-parole des femmes du RHDP précise que dans le camp des pro-Ouattara la sérénité est de mise :
« On nous parle de 2002. Qu'on fasse les enquêtes, je pense qu'il y aura beaucoup de surprises parce que dans le temps, beaucoup de personnes ont dit des contre-vérités. Nous n'avons rien à nous reprocher ».

Pour Pierre Krihoua de la société civile, remonter les enquêtes à 2002 permettra de mieux comprendre la profonde et longue crise ivoirienne et d'en connaître les auteurs :
« C'est normal d'aller du début à la fin de cette crise pour pouvoir mener une enquête assez fouillée, impartiale et situer les responsabilités à tous les niveaux ».

Une chose est sûre, le feuilleton ivoirien à la Cour pénale internationale promet d'être intéressant.

Auteur : Julien Adayé
Edition : Philippe Pognan, Konstanze von Kotze

Ecoutez ci-dessous la correspondance de Julien Adayé et l'interview de Fadi El Abdallah, juriste adjoint chargé des affaires de sensibilisation à la CPI au micro de Ramata Soré.

RAPPEL
Le 3 octobre 2011, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo avait été autorisé à enquêter sur des crimes contre l`humanité et des crimes de guerre commis à la suite de l`élection présidentielle du 28 novembre 2010 par les camps de l`ex-président Laurent Gbagbo et du président Alassane Ouattara.
Laurent Gbagbo est incarcéré depuis le 30 novembre 2011 à La Haye en vertu d`un mandat d`arrêt pour crimes contre l`humanité délivré par la CPI. La Cour le soupçonne d`être « coauteur indirect » de crimes contre l`humanité commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, lors des violences ayant suivi le scrutin de novembre.
Depuis, les partisans de Laurent Gbagbo dénoncent une justice de « vainqueurs ». La CPI, de son côté, se défend d'être à la solde d'un camp et promet une justice équitable.

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