Nouveaux charniers en Côte d′Ivoire | Afrique | DW | 10.05.2011
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Afrique

Nouveaux charniers en Côte d'Ivoire

Si la guerre est finie, le retour progressif à la paix s'accompagne d'un cortège d'horreurs. Les enquêteurs des Nations unies ont affirmé hier avoir découvert plusieurs charniers dans la commune de Yopougon.

Une femme passe devant une maison détruite après des violences dans le quartier de Yopougon

Une femme passe devant une maison détruite après des violences dans le quartier de Yopougon

Cette commune de l'ouest d'Abidjan a été le dernier bastion des combattants pro-Gbagbo. Un haut responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire a affirmé lundi qu’il y avait au moins 68 corps dans une fosse commune récemment découverte dans la commune de Yopougon.

Guillaume Ngefa, directeur adjoint de la division des droits de l’homme de l’ONUCI, a précisé que les victimes avaient probablement été tuées par des milices pro- Gbagbo le 12 avril dernier, au lendemain de l’arrestation de l’ex-chef d’État ivoirien.

Après la prise du contrôle de Yopougon par les forces républicaines de Côte d’Ivoire, certains de leurs éléments ont entrepris des fouilles des maisons en l’absence des propriétaires, sur indications des jeunes, indique un habitant joint ce matin même. Au seul motif que des armes seraient stockées dans ces maisons. Toutefois, aucune arme n’a été trouvée mais ces maisons sont restées ouvertes et pillées par des jeunes gens du quartier a ajouté le témoin.

Mercenaires libériens

A côté de ces faits, des ex-miliciens et bien d’autres supposés en rapport avec eux ont été exécutés systématiquement sur indications ou simple délation par des éléments des FRCI alors qu’il n’y a plus de combat.

Si rien n'est fait au plus vite pour arrêter le désordre et l'hémorragie, Yopougon risquerait de devenir un autre Duékoué.

A ce décor sombre, il faut ajouter que le porte parole militaire du ministère de la défense, dans un communiqué télévisé, a indiqué que quelque 120 civils ont été tués les 5 et 6 mai dernier lors d'attaques menées le long du littoral ivoirien par des miliciens fidèles au président déchu Laurent Gbagbo et des mercenaires libériens fuyant Abidjan en direction de la frontière libérienne. La plupart des victimes ont été choisies en raison de leur appartenance ethnique, parmi les populations allogènes ou d'origine étrangère, selon le communiqué. La crise ivoirienne n’a donc pas fini de nous livrer tous ses secrets.

Auteur : Julien Adayé

Edition : Marie-Ange Pieorron