Le procès de Khalifa Sall renvoyé au 23 janvier | Afrique | DW | 03.01.2018
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Afrique

Le procès de Khalifa Sall renvoyé au 23 janvier

Au Sénégal, le procès du maire de Dakar pour détournement de fonds publics a été une fois de plus reporté. La défense avait réclamé deux mois tandis que la partie civile considère qu'il s'agit d'une fuite en avant.

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"Monsieur Khalifa Sall a un agenda politique qu'il veut imposer au tribunal" (Maître Yérim Thiam)

Le procès de Khalifa Sall a démarré de nouveau dans une forte ambiance. Cette seconde audience a été marquée par une passe d'armes entre avocats. A l'entame des plaidoiries, les avocats de Khalifa Sall ont dénoncé des vices de procédure et réclamé un renvoi du procès pour deux mois, l'objectif étant de régulariser la procédure.

Maître Oumar Khassimou Dia plaide pour Khalifa Sall : "Aujourd'hui nous avons des témoins à faire entendre et il faut que nous puissions citer ces témoins mais également que la défense puisse accéder à l'ensemble du dossier, a expliqué l'avocat. Nous en avons reçu une partie, donc nous  allons essayer de le compléter et nous préparer en conséquence."

Manoeuvre dilatoire?

Pour les avocats de l'Etat du Sénégal, la défense veut temporiser. Maître Baboucar Cissé défend la partie civile : "C'est dilatoire, affirme-t-il. Ils ne veulent pas qu'on aborde le fond dans cette affaire-là. Parce que les faits pour lesquels les prévenus comparaissent sont indiscutables et incontestables. Ils sont établis. Pour retarder davantage les choses, ils ne sont pas pressés. Mais nous, nous les attendons de pied ferme", menace-t-il.

Maître Yérim Thiam, autre avocat de l'Etat, considère pour sa part que le maire de Dakar veut imposer une direction politique au procès : "Monsieur Khalifa Sall a un agenda politique qu'il veut imposer au tribunal, déclare-t-il. Il refuse d'être jugé sur le fond et nous nous voulons qu'il soit jugé sur le fond et qu'on explique que les fonds qu'il a maniés ne sont pas des fonds spéciaux ou des fonds politiques. Ce sont des fonds qu'il a maniés et détournés."

Des non-dits?

La défense conteste ce point de vue. Maître Khassim Touré estime qu'il y a des non-dits dans ce procès : "Nous ne voulons pas que les droits de la défense s'arriment à un agenda caché ou voilé. Nous fonctionnons avec l'agenda d'une bonne administration et d'une bonne distribution de la justice. Mais la précipitation et la célérité avec lesquelles ce dossier est traité nous mène tout droit vers le chaos", regrette l'avocat.  

Après avoir entendu les plaidoiries des deux parties, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire au 23 janvier prochain. Le président Malick Lamotte a rassuré les conseillers de Khalifa Sall que le nécessaire serait fait pour une bonne administration de la justice.

Les avocats de l'Etat se disent prêts, quant à eux, à démontrer la culpabilité du maire de Dakar.

 

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