Le pouvoir guinéen étouffe une manifestation de l′opposition | Afrique | DW | 30.10.2018
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Afrique

Le pouvoir guinéen étouffe une manifestation de l'opposition

En Guinée la marche projetée par l’opposition ce mardi a été interdite par les autorités. N’étant pas d’accord avec cette décision, le chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo, a voulu malgré tout manifester.

Guinea Ausschreitungen Schüler & Polizei (Getty Images/AFP/C. Binani)

Photo d'illustration

Des petits groupes de militants ont été  arrêtés non loin du domicile du chef de file de l’opposition, en face des véhicules de police. Ces jeunes en colère prononcent des déclarations hostiles au pouvoir en place. Ils seront plus tard dispersés par les agents de maintien de l’ordre.  Mais quelques-uns ont pu s'exprimer.

"Il n’y pas de démocratie en Guinée, on entend le mot démocratie mais elle n'existe pas en réalité en Guinée. Si vous voyez s ce qui se passe aujourd’hui à Dixinn, ce n’est pas la démocratie. C’est anormal. Est-ce que c’est normal de prendre toute la police pour invertir le quartier?", s'interroge un manifestant. 

Ce mardi,  les leaders de l’opposition ont été confinés au domicile de Cellou Dalein Diallo. Très tôt ce matin, un important dispositif sécuritaire était visible dans le quartier Bellevue qui abrite le domicile du chef de file de l’opposition guinéenne. 

Interrogé sur cette présence massive des forces de défense et de sécurité, le directeur des unités d’intervention de la police affirme avoir reçu des instructions des autorités de Conakry. 

Le général Ansoumane Camara Bafoue indique que le but de ce déploiement est de sécuriser le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée. 

"Nous ferons en sorte que le chef de file de l’opposition soit confiné. Puisqu'une fois dans la rue tout peut se produire, comme le scénario de la semaine dernière. Alors que les affaires sont en cours devant la justice, les auteurs ne sont pas encore identifiés. D'où la balle est venue, la soi-disant balle, si c’est vrai ou si c’est un projectile, nous ne le savons pas encore. Le procureur est saisi de l'affaire et les enquêtes sont en cours. Jusqu’à ce que les choses soient claires, nous souhaitons que le chef de file de l’opposition reste à son domicile", indique le général. 

L'opposition dénonce une privation des libertés

Entouré par ses  gardes rapprochés, certains leaders de l’opposition et quelques militants, Cellou Dalein a déclaré que le pouvoir d’Alpha Condé continue de violer les droits fondamentaux des citoyens. Il affirme que la semaine prochaine sera consacrée à une série de manifestation et de ville morte.


"Je dois dire que rien ne me surprend de la part du président Alpha Condé. Il a donné des instructions pour aller piller le domicile de ma belle-mère. Il a donné instruction de tirer sur ma voiture. Aujourd’hui je me suis réveillé avec le quartier investi par des forces de police lourdement armées. Interdisant toute entrée et toute sortie à mon domicile. Je suis député de la République, je suis chef de file de l’opposition, ma liberté de mouvement est complément bridée, aujourd’hui je n’ai pas le droit de sortir", a fustigé le chef de file de l'opposition. 

Le comité de suivi des accords politiques est sorti affaibli du dernier consensus entre la mouvance et l’opposition au quartier général de l’Union des forces républicaines de Guinée. Cette signature a favorisé le partage de certaines communes qui faisaient l’objet de contestation. Actuellement, aucun cadre de sortie de crise n’est encore envisagé. Pendant ce temps toutes les activités économiques restent paralysées en Guinée.