Le coup de théâtre de Mohamed Morsi | Vu d′Allemagne | DW | 14.08.2012
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Vu d'Allemagne

Le coup de théâtre de Mohamed Morsi

En mettant le maréchal Tantaoui à la retraite et en annulant les larges prérogatives dont bénéficiait l'armée, Mohamed Morsi a surpris les médias. Les journaux restent prudents sur la signification de ces décisions.

epa03360878 Hundreds of supporters celebrate with posters showing Egypt's President Mohamed Morsi in front of the Presidential palace, in Cairo, Egypt, 12 August 2012. According to media reports on 12 August 2012, Egyptian President Morsi ordered the head of the army and defence minister, Field Marshal Tantawi and Chief of Staff Anan, into retirement and cancelled a constitution issued by the military restricting presidential powers. EPA/KHALED ELFIQI

Mohamed Morsi Präsident Ägypten Anhänger

Die Welt imagine ainsi deux scénarios possibles après le limogeage du maréchal Tantaoui, un homme de l'ancien régime. Soit Mohamed Morsi cherche, avec cette décision, à sortir de l'ombre et à réaffirmer le primat de la politique sur le militaire. Dans ce cas, ce serait un pas dans la bonne direction, vers un État post-militaire.

Soit le président commence à faire de la place en vue d'instaurer un régime islamique où la religion prendrait la place prépondérante qu'occupait jusqu'ici l'armée. Le journal espère pour l'Égypte, pour la région et pour le reste du monde, que Mohamed Morsi saura faire preuve du même courage devant les siens que devant les militaires.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung parle elle d'un "acte libérateur". En échangeant la vieille garde de l'armée contre des généraux bien plus jeunes, le président a franchi une étape cruciale. Elle comporte des risques mais aussi des potentiels. Mohamed Morsi ne plaisante pas lorsqu'il dit qu'il veut bouleverser le système, en place depuis le putsch militaire de 1952.

Cela dit, la séparation entre l'armée et la politique n'est pas encore très claire. Au poste de ministre de la Défense, on trouve de nouveau un général. Celui de vice-président est occupé par un proche de Morsi. Désormais, tout repose sur la façon dont ce dernier va exploiter sa nouvelle marge de manœuvre. Il peut soit conduire l'Égypte vers une démocratie, soit continuer à islamiser le pays.

Ägypten Hussein Tantawi und Mohammed Mursi

Le président et l'ancien homme fort du pays : le maréchal Hussein Tantaoui

Die Tageszeitung prend le parti de croire à la première des options et intitule son commentaire « Un pas de géant vers la démocratie ». En évinçant les militaires, le président Morsi a fait preuve de beaucoup de tact, estime le quotidien. Il a réussi à faire en sorte que les hauts gradés restent intouchables pour la justice, ce qui rend l'hypothèse d'un putsch peu probable.

Parallèlement, en les nommant conseillers, il les empêche de quitter le pays sans son autorisation. De futures poursuites judiciaires ne sont donc pas à exclure. Désormais le président dispose de l'ensemble du pouvoir exécutif et législatif. La grande question est de savoir s'il saura en faire usage de manière responsable. À partir de maintenant, l'attention du pays va se concentrer sur la rédaction de la nouvelle Constitution.

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