La démission de Jacob Zuma ne règle pas tout | Afrique | DW | 15.02.2018
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Afrique

La démission de Jacob Zuma ne règle pas tout

Le président Zuma s'est finalement plié aux ordres de son parti. Cyril Ramaphosa, le vice-président, devrait être élu par les députés pour le remplacer. La tâche qui l’attend est immense.

Écouter l'audio 01:37

La tâche qui l’attend est immense (Patricia Huon)

Mis sous pression par sa propre famille politique, le Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma a annoncé mercredi soir qu'il quittait ses fonctions avec effet immédiat.

Dans un discours à la nation, retransmis à la télé, le président, âgé de 75 ans, a déclaré qu'il n'était pas d'accord avec la décision de son parti, l'ANC, de vouloir le destituer: "J'ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la direction de mon organisation." 

La page de l’ère Zuma vient donc de se tourner, en Afrique du Sud.

Dès aujourd’hui, le parlement va élire un nouveau chef de l’Etat, qui assurera cette fonction jusqu’aux élections de l’an prochain.

L’ANC a déjà désigné son candidat : Cyril Ramaphosa, le vice-président sud-africain et nouveau président du parti, élu en décembre dernier. Le parti au pouvoir a appelé tous ses députés á voter pour Ramaphosa afin d'assurer sa victoire.

Il n’est pas certain que l’opposition acceptera de voter pour lui mais l’ANC jouit de la majorité au parlement et son élection devrait donc être garantie.

Cyril Ramaphosa veut incarner le renouveau de l’ANC et restaurer la confiance des Sud-Africains. Figure historique du parti, protégé de Nelson Mandela devenu homme d’affaires, puis revenu en politique en 2012, il rassure les investisseurs.

Cyril Ramaphosa a promis de travailler à relancer la croissance économique du pays et de s’attaquer à la corruption. Une corruption que Jacob Zuma incarnait désormais, aux yeux de beaucoup.

Mais celle-ci n’a pas touché que le chef de l’Etat. C’est l’ANC tout entier qui semble avoir sombré dans un système de clientélisme généralisé. La tâche du nouveau président pour démanteler ce dernier est immense, et les initiatives qu’il pourrait prendre risquent  de ne pas plaire à tout le monde.

L’ANC est déjà profondément divisé et la reconstruction du parti ne sera pas facile. Jacob Zuma laisse une formation politique en ruines dont l’image a profondément été endommagée auprès de la population. 

Son ombre risque de planer longtemps sur le parti de la lutte anti-apartheid.

 

Ecoutez les explications de Patricia Huon en cliquant sur l'image.

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