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"Les gens marchaient sur la tête des enfants pour fuir"

1 décembre 2025

Une journaliste se souvient de la bousculade au stade de N'Zérékoré en Guinée, il y a un an.

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Guinea Nzérékoré | des gens essaient d'échapper à la bousculade
Le 1er décembre 2024, une bousculade crée la panique dans le stade de N'Zérékoré, en Guinée et fait de nombreux mortsImage : REUTERS

C'est un triste anniversaire en Guinée. Le 1er décemrbe 2024, à N'Zérékoré, dans le sud-est du pays, un tournoi de football organisé en l'honneur du chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya, a viré au cauchemar.

Une bousculade a fait plusieurs dizaines de morts et plusieurs autres blessées après l’intervention des forces de l’ordre qui avaient tiré des gaz lacrymogènes. La finale opposait la préfecture de la préfecture de N’Zérékoré à celle de Labé. Le gouvernement guinéen a fait état d'un bilan de 56 morts, mais des ONG avancent le chiffre de plus 140 morts.

La DW a joint une journaliste qui était présente au stade de N'Zérékoré, ce jour-là :

"Le 1ᵉʳ décembre 2024, j'étais au stade pour un reportage. Après la première mi-temps, l'arbitre a sifflé un pénalty en faveur de N'Zérékoré et les supporteurs n'ont pas accepté. Ils disaient que l'arbitre avait triché et un joueur s'est même permis de lever la main sur l'arbitre, qui lui a donné un carton rouge.

Je crois que c'est ce qui a amené la pagaille. Au tout début, les gens disaient "N'Zérékoré gagne". Labé aussi disait "Labé gagne!".

Donc il y avait un peu de tension. On a vu les gens commencer à jeter des sachets d'eau sur le terrain.

Après, les gens ont jeté des pierres sur le terrain.

Mais nous, on a essayé de se sauver et on voulait sortir par le grand portail.

Il n'y avait pas de passage. J'avais l'impression d'étouffer.

J'ai dit à mon ami : "Si on reste ici, on risque de mourir".

Donc on est retourné dans le stade, mais il y avait trop de gaz lacrymogènes.

C'est ce qui nous a fatigués. Il y avait beaucoup de mineurs sur le terrain : un mineur de sept ans, huit ans, dix ans, treize ans Et ce sont eux qui ont beaucoup plus perdu la vie parce que les adultes marchaient sur la tête des enfants pour pour escalader le mur. C'est ce qui a beaucoup joué.

Et le gaz que les forces de défense et de sécurité ont jeté. C'est comme si vous êtiez dans une chambre fermée, parce que le stade, normalement, ne doit pas recevoir plus de 1.000 spectacteurs je pense, mais ce jour-là, il y avait des milliers de personnes."