Guinée: l′opposition ne relâche pas la pression | Afrique | DW | 21.10.2019
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Afrique

Guinée: l'opposition ne relâche pas la pression

En Guinée, à la suite des manifestations qui ont fait au moins neuf morts et des dizaines de blessés, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) demande à ses militants de  poursuivre la mobilisation.

Écouter l'audio 01:55

"Il faut trouver une solution politique à la crise" (Rabiatou Serah Diallo)

En Guinée, la répression des manifestations pour dire non au projet de réforme de la Constitution a été brutale. Le pouvoir lui-même l’a reconnue : les violences ont fait neuf morts et des dizaines de blessés. C’est pourquoi, plusieurs ONG ont appelé à la fin des violences et ont interpelé les autorités guinéennes pour que les droits de l’homme soient respectés.

Alpha Condé (Getty Images/M. Medina)

L'opposition accuse le président Alpha Condé de vouloir modifier la Constitution pour s'octroyer un troisième mandat.

 "Il n’est pas normal qu’en Guinée, après tout ce qui s’est passé, on puisse interdire les libertés fondamentales, notamment la liberté de manifestation, la liberté d’expression et qu’on puisse réprimer dans le sang cette volonté de s’opposer au tripatouillage de la Constitution", réagit Fréderic Foroumou Loua, coordinateur du Collectif des ONG de défense des droits de l´homme contre un nouveau mandat.

Dialogue

Depuis le début de ces manifestations le 15 octobre dernier, les appels au calme et à la retenue fusent de toutes parts. L'ONU, la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), les Etats-Unis, l'Union européenne ou la France ont appelé au dialogue et à la retenue et, de la part des autorités, au respect des libertés.

Proteste in Conakry, Guinea (AFP/Getty Images/C. Binani)

Des manifestants dans les rues de Conakry en 2015.

"J’interpelle tout le monde. L’appel au dialogue lancé par le gouvernement ne doit pas  simplement être un slogan. Un Guinéen de moins c’est trop, à plus forte raison lorsqu'il y a neuf morts. Pour qu’il y ait un apaisement, chacun doit se ressaisir. Ceux qui ont été arrêtés doivent être relaxés. Chacun à son rôle à jouer", soutient la présidente du Conseil économique et social, Rabiatou Serah Diallo.

Retour à la raison

L’opposition et une partie de la société civile accuse le président  Alpha Condé, 81 ans, premier président démocratiquement élu en 2010 de vouloir modifier la Constitution de 2010 afin de pouvoir se représenter pour un troisième mandat lors de l’élection présidentielle de 2020.

Redoutant de voir la situation se dégrader davantage, Fréderic Foroumou Loua invite le président Condé à revenir sur sa décision.

"Il est important que le président renonce de façon publique à ce projet dangereux pour la stabilité et la quiétude sociale du pays. Il est nécessaire que l’on puisse respecter la Constitution et qu’en 2020 on puisse avoir des élections libres et transparentes pour qu'à l’issue de ces élections, nous ayons une nouvelle gouvernance qui prenne les rennes de ce pays" suggère-t-il.

Fréderic Foroumou Loua ajoute : de nouvelles manifestations sont prévues cette semaine pour protester contre ces velléités du président Alpha Condé de modifier la Constitution.

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