Côte d’Ivoire : perpétuité pour Guillaume Soro | Afrique | DW | 23.06.2021
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Afrique

Côte d’Ivoire : perpétuité pour Guillaume Soro

L’ancien Premier ministre a été condamné par contumace pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

L’ancien Premier ministre et président du Parlement

L’ancien Premier ministre et président du Parlement

Guillaume Soro a été condamné, en son absence, à la prison à perpétuité par la justice ivoirienne ce mercredi. Il est accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat pour des faits commis en 2019.  

La Cour d’assises a suivi les réquisitions du parquet à l’encontre de l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. La Cour a également ordonné la confiscation des biens de l’ancien chef rebelle et de ses 19 coprévenus. La justice ordonne aussi la dissolution de son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS). Le mouvement est accusé de se livrer à des "actes subversifs". Les condamnés doivent verser un milliard de francs CFA à l’Etat ivoirien.

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La Cour d’assises a également suivi les réquisitions du parquet pour trois autres principaux accusés. Il s’agit de l’ex-chef de protocole de Guillaume Soro, Souleymane Kamagaté, dit Soul to Soul, de l’ancienne ministre Afoussy Bamba, l’ancien chef de la communication de Guillaume Soro, Moussa Touré.

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"Nous sommes en danger" (Avocat Guillaume Soro)

Insurrection civile et militaire

Deux des frères de Guillaume Soro et son ancien bras droit et ancien ministre Alain Lobognon ont été condamnés à 17 mois de prison pour "troubles à l’ordre public".

Le jugement rendu n’est pas différent de ce qu’a prédit le président Alassane Ouattara. "Pour lui, ce sera la prison à perpétuité", avait déclaré le chef de l’Etat ivoirien au sujet de Guillaume Soro, son ancien allié. Guillaume Soro était accusé d’avoir fomenté, avec ses partisans, une "insurrection civile et militaire" en vue de renverser le pouvoir lors de son retour avorté en Côte d’Ivoire en décembre 2019. Le scrutin présidentiel devait se dérouler moins d’un an après, en octobre 2020. Il a été remporté par le président sortant Alassane Ouattara qui a entamé un troisième mandat.  

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Guillaume Soro et ses coprévenus étaient accusé de "complot", "tentative d’atteinte contre l’autorité de l’Etat" ainsi que de "diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des populations".  

Considérations politiques

Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont d’anciens alliés

Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont d’anciens alliés

Sur les réseaux sociaux, Guillaume Soro a dénoncé une "sinistre responsabilité" prise par la justice après ces condamnations. Il regrette des "verdicts iniques, prononcés en dehors de toutes les règles de droit et dictés uniquement par des considérations d’ordre politique". Guillaume Sora ajoute qu’il ne renoncera pas au combat "contre la captation de l’Etat ivoirien et la mise sous tutelle de toutes ses institutions".   

Maître Raoul Gohi Bi, l’un des avocats de Guillaume Soro, s’insurge contre cette peine et entend faire appel. Il dénonce la dissolution du mouvement de Guillaume Soro et estime que "nous sommes en danger".  

Ancien chef de la rébellion qui contrôlait le Nord de la Côte d’Ivoire dès septembre 2002, Guillaume Soro, 49 ans, avait aidé militairement Alassane Ouattara à accéder au pouvoir après la crise postélectorale de 2010-2011. Après cette victoire, l’ancien leader estudiantin était devenu Premier ministre avant d’être président du Parlement, un poste qu’il a occupé jusqu’en octobre 2019. La brouille entre les deux hommes jusqu’à la rupture consommée entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro serait liée, selon des observateurs, aux ambitions présidentielles de ce dernier.  

En avril 2020, Guillaume Soro avait déjà été condamné à 20 ans de prison pour recel de détournement de deniers publics pour avoir tenté, selon la justice, de s'approprier une résidence achetée par l'Etat pour le loger lorsqu'il était Premier ministre. Cette condamnation avait justifié l'invalidation quelques mois plus tard de sa candidature à la présidentielle.