François Bozizé : ″On veut me neutraliser au moins politiquement″ | Afrique | DW | 28.04.2020
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Afrique

François Bozizé : "On veut me neutraliser au moins politiquement"

L'ancien président centrafricain François Bozizé en interview. Il dénonce les projets de réforme de la constitution et des tentatives d'atteinte à sa personne.

Écouter l'audio 02:07

'Ils se débattent pour me neutraliser' (François Bozizé)

Quatre mois après son retour au pays depuis sa chute en 2013, l’ancien Président centrafricain François Bozizé rompt le silence et se prononce sur la vie politique de son pays.

Il met en garde le régime de son ancien Premier Ministre, Faustin Archange Touadera, contre un projet de modification de la Constitution en cours et, dénonce des tentatives d’enlèvement ou encore d’assassinat visant sa personne.

Le retour au pays de François Bozizé en décembre 2019 s’est déroulé dans des circonstances non élucidées à ce jour, et n’a cessé depuis de faire l’objet des spéculations de la part du régime de Bangui.

Bozizé dénonce une provocation du pouvoir

D’abord, des accusations de déstabilisation du pouvoir de Faustin Archange Touadera qui ont occasionné le bouclage de sa résidence à Bangui par des éléments de la sécurité présidentielle. Acte de provocation que l’ex-président n’a pas apprécié.

"Oui, c’est une tentative d’arrestation puisqu’il y’a eu plusieurs actions aui ont été menées dans ce sens. Il y a ce déploiement des GP à ma résidence de Sassara, il y’a également ce drone qui a été lancé sur mon domicile actuel. Tout cela signifie qu’il y a une idée de vouloir attenter à ma personne. Nous ne pourrions pas nier cela. Ils se débattent par tous les moyens pour pouvoir me neutraliser politiquement sinon physiquement.

Depuis le renversement de François Bozizé en 2013, la RCA n'a toujours pas retrouvé la paix(AFP/Getty Images)

Depuis le renversement de François Bozizé en 2013, la RCA n'a toujours pas retrouvé la paix

Passage en force

Ensuite, le projet de loi pour la modification de la Constitution initié par les députés de la majorité présidentielle, afin de permettre à Monsieur Touadera de continuer l’exercice du pouvoir en cas de la non tenue des élections à la date indiquée ; ceci contre l’idée d’une transition politique soutenue par l’opposition. Projet que François Bozize qualifie d’ "entreprise dangereuse"

"C’est un projet délicat et dangereux. Je compte sur la sagesse du Président de la République pour  que, au lieu de forcer, qu’il réunisse l’ensemble de la classe politique, l’ensemble des forces vives de la Nation pour en discuter".

Mais l'heure n'est pas au rassemblement politique, alors que se profilent les élections présidentielle et législatives. Prévu le 27 décembre 2020 à l'origine, le double-scrutin sera vraisemblablement repoussé.

Eviter un vide juridique

Mais sur la question, le Gouvernement annonce qu’il ne s’agit encore que d’un projet qui ne donne pas lieu à un passage en force du régime actuel. Ange-Maxime Kazagui, ministre porte-parole du gouvernement, explique que "cette proposition de loi a pour but d’éviter un vide si jamais la maladie à coronavirus s’amplifiait et que personne ne préparait les élections correctement. Il n’y a pas de passage en force ici. Le gouvernement n’a rien décidé. Le projet est arrivé dans le cadre de la loi, il va l’étudier, il va répondre, il n’y a aucun passage en force".

En attendant, l’opposition et la société civile font bloc derrière Bozize pour que ce projet de loi de modification de la Constitution ne puisse pas passer.

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