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Mamadi Doumbouya candidat à la présidentielle en Guinée

4 novembre 2025

L'opposition réunie au sein des forces vives de Guinée dénonce un tournant funeste et appellent à la mobilisation pour sauver les acquis démocratiques.

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Mamady Doumbouya, chef de la junte guinéenne, lève la main lors de sa cérémonie d'investiture en tant que président de la transition nationale, le 1er octobre 2021 à Conakry
Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir à la suite du putsch de septembre 2021, avait promis rendre le pouvoir aux civils Image : Cellou Binani/AFP

C’est vêtu d’un boubou blanc et sous haute sécurité que le général Mamadi Doumbouya est arrivé le lundi (03.11.25) dans l’après-midi à la Cour suprême. Il aura attendu le tout dernier jour pour déposer son dossier de candidature, confirmant donc sa participation à l’élection présidentielle prévue le 28 décembre prochain en Guinée

Déjà, ces dernières semaines, des ministres, des hauts gradés de l’armée, des administrateurs territoriaux, des fonctionnaires ainsi que des groupes de femmes avaient multiplié leurs appels à travers le pays, demandant au chef de la transition de se porter candidat. 

Certains, visiblement très motivés, sont allés jusqu’à affirmer avoir mobilisé les 900 millions de francs guinéens (environ 59 millions de francs CFA), devant servir de caution pour le candidat Doumbouya. 

Pour Kabinet Fofana, analyste politique, cet acte n’est que l’aboutissement d’un processus.  

"Ce n’est pas du tout une surprise, puisque légalement la nouvelle Constitution le lui permettait et du point de vue politique les soutiens ont continué à l’en appeler. Je pense qu’il a simplement répondu à cet appel." 

"Ce n’est pas du tout une surprise, puisque légalement la nouvelle Constitution le lui permettait" (Kabinet Fofana)

L'opposition exclue du scrutin  

Avec la mise à l’écart des ténors politiques du pays comme Cellou Dalein Diallo président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Sidya Touré de l’Union des forces républicaines (UFR), tous deux poussés en exil par la junte, le général Mamadi Doumbouya semble ne pas avoir d’adversaires sérieux pour conquérir la magistrature suprême. 

Toutefois, d’anciens ministres, Premier ministre et hommes politiques ayant participé à des élections présidentielles en Guinée ont déposé leurs candidatures. A l’exemple de Lansana Kouyaté du PEDN, de Ousmane Kaba du PADES ou encore de Makalé Camara, présidente du parti le Front pour l’alliance nationale.   

Cette dernière dit avoir ses chances pour diriger la Guinée.  

 "Nous sommes aujourd’hui à égalité devant le vote des Guinéens et donc nous allons chercher le suffrage des Guinéens. Et si les Guinéens sont à mettre une femme dans le fauteuil, je vais bien l’essayer", fait savoir Makalé Camara.

Difficultés d’obtention des parrainages  

Les leaders de l'opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo (à gauche) et Sidya Touré (à droite) assistent à la cérémonie de clôture du 3e congrès du Rassemblement des républicains (RDR) ou congrès ordinaire le 10 septembre 2017 à Abidjan
Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré ne sont pas candidats au scrutin Image : Str/AFP

Des candidatures indépendantes ont été également évoquées. Mais sur ce point, plusieurs candidats concernés dénoncent la difficulté d'obtention de parrainages institutionnels, alors qu’une exigence de "30% des maires sur 70 % des communes" est liée au dépôt d’une candidature indépendante. 

 Or, en l’absence d'élections communales, ces maires ont été remplacés par des présidents de délégations spéciales nommés par les autorités. Une situation qui rend improbable tout soutien à un candidat autre que l'actuel président.  

De leur côté, les forces vives de Guinée ont tout de suite réagi. Ces acteurs politiques et de la société civile appellent le peuple de Guinée à rejeter la candidature de Mamadi Doumbouya, qu’ils accusent de "parjure" et de "trahison" vis-à-vis de ses engagements pris au de la transition en septembre 2021. L'une des promesses initiales du général Doumbouya était derendre le pouvoir aux civils avant fin 2024

La candidature de Mamadi Doumbouya marque selon les forces vives de Guinée "un tournant funeste" dans l'histoire du pays : "celui où l'homme qui s'était présenté comme le restaurateur de la démocratie choisit d'en devenir le fossoyeur"