″Et maintenant ? Personne ici ne le sait vraiment.″ | Vu d′Allemagne | DW | 13.03.2019
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Vu d'Allemagne

"Et maintenant ? Personne ici ne le sait vraiment."

Les Algériens continuent à manifester, malgré l'annonce du report de la présidentielle et le retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. Le changement de régime semble encore loin, estiment les journaux allemands.

Nous sommes là à manifester et à parler de politique. Cela n'était pas possible avant." Ce sont les mots de Meriem, une manifestante, qui est encore allée battre le pavé ce mardi à Alger, au lendemain de l'annonce du report de l'élection présidentielle et du retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. Mais lorsque le reporter de la Tageszeitung demande à Meriem de quoi demain sera fait, sa réponse reflète l'incertitude générale : "Je n'en sais rien. Personne ici ne le sait vraiment".

D'après le quotidien, "le principal problème de l'opposition est l'opposition elle-même", notamment à cause du manque d'organisation des jeunes manifestants qui pourraient se voir rapidement marginalisés lors de la conférence nationale promise par Bouteflika, censée réformer le système politique algérien et réécrire la Constitution pour permettre de nouvelles élections.

Selon le quotidien, il n'y a qu'à regarder ce qui s'est passé chez le voisin tunisien. "La révolution là-bas a été portée par les moins de 30 ans, mais le nouveau régime a été façonné par les 50 ans et plus."

A Alger, l'interdiction de manifester est désormais outrepassée quasi-quotidiennement.

A Alger, l'interdiction de manifester est désormais outrepassée quasi-quotidiennement.

Si la Tageszeitung fait le parallèle avec la Tunisie, die Welt ose une comparaison avec l'Egypte. Mais cette fois pour prédire que le régime algérien ne compte pas rendre le pouvoir. "L'Egypte a démontré avec une main de fer que les vieux puissants du monde arabe sont capables de contre-attaquer la soif de liberté avec une nouvelle forme de despotisme".

La méfiance domine

D'après die Welt, "les manifestants le savent : Boutefelika n'a pas renoncé à se présenter pour ouvrir la voie à la démocratie. Il a été évincé parce qu'il était devenu un obstacle pour la Nomenklatura."

Die Zeit défiti cette classe dominante algérienne par "un maillage opaque de politiciens, de généraux et d'oligarques" qui profitent "de l'état misérable de l'Algérie" et qui "joue la montre", puisque la date des élections n'est pas définie et que les contours du débat national sont flous.

L'opposition se voit ainsi face à un dilemme : "la dynamique des manifestations va certainement s'essouffler d'ici l'automne et le début des travaux de la constituante. Mais en même temps, chaque conflit ou véto lors de l'élaboration de la constitution va prolonger le mandat de Bouteflika et repousser son départ". Pour l'hebdomadaire, "le vieux pouvoir garde le contrôle".

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