Des ex-miliciens du M23 recrutés pour réprimer les manifestants | Afrique | DW | 04.12.2017
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Afrique

Des ex-miliciens du M23 recrutés pour réprimer les manifestants

En RDC, un rapport de l'ONG Human Rights Watch accuse le régime du président Kabila d'avoir recruté les ex-miliciens du M23 pour réprimer les manifestations de décembre 2016. Le M23 accuse à son tour le gouvernement.

Écouter l'audio 02:29

"Le gouvernement utilise ces ex-combattants pour aller réprimer les manifestants" (Bertrand Bisimwa)

Selon Human Rights Watch, des officiers supérieurs des forces de sécurité en République démocratique du Congo ont mobilisé plus de 200 anciens combattants rebelles du M23 venant des pays voisins lors des manifestations de l'opposition, les 19 et 20 décembre 2016.

Les manifestants demandaient au président Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat, intervenu le 20 décembre 2016 selon la Constitution. Des dizaines de personnes, 62 d'après le rapport, sont mortes dans la répression de ces manifestations.

M23 Rebellen erobern Goma (Simone Schlindwein)

Des rebelles du M23 à la conquête de Goma en 2012

"Notre rapport est basé sur plus de 120 entretiens, expliqueIda Sawyer, chercheuse à Human Rights Watch. Et la plupart des interviews ont été réalisés en Ouganda, Rwanda et en République démocratique du Congo. Nous avons parlé avec des victimes d'abus et leurs familles, des témoins mais aussi une vingtaine de combattants, leaders politiques du M23 qui ont participé à cette opération avant de regagner ensuite le Rwanda et l'Ouganda. Nous avons aussi interrogé neuf officiers supérieurs de l'armée nationale qui ont confirmé comment ces recrutements ont eu lieu et comment ces combattants du M23 ont été intégrés au sein de l'armée congolaise au moment de la répression de décembre 2016", déclare-t-elle.

Le M23 pointe du doigt la responsabilité du pouvoir

D'après le  Mouvement du 23 mars, le M23, ces ex-éléments utilisés par Kinshasa pour réprimer les manifestants sont des éléments régulièrement démobilisés à la suite des déclarations de Nairobi de décembre 2013. Ces derniers doivent bénéficier d'un processus de réinsertion sociale, mais le pouvoir les utiliserait à d'autres fins. 

politischer Chef der Rebellengruppe M 23 Bertrand Bisimwa (JUNIOR D.KANNAH/AFP/Getty Images)

Bertrand Bisimwa, chef politique du mouvement M23

"Nous avons convenu que les ex-combattants vont suivre la procédure de démobilisation et la réinsertion sociale mais contrairement à la  déclaration de Nairobi, le gouvernement utilise ces ex-combattants pour aller réprimer les manifestants", regrette Bertrand Bisimwa, chef du M23. "C'est une stratégie que le gouvernement est en train d'utiliser pour créer une méfiance au sein de la population à l'égard du notre organisation, le M23", ajoute-t-il. 

Le gouvernement parle d'un règlement de compte

Contacté, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé n'a pas souhaité commenter cette information et a brièvement  indiqué que ce rapport est "nul et de nul effet". Il a affirmé qu'il ne s'agit rien d'autre qu'un "règlement de compte" de la chercheuse Ida Sawyear qui avait été expulsée deux fois de la RDC, en août 2016 et en janvier 2017.

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