Dans le Nord-Kivu, un espoir de retour de la paix | Afrique | DW | 06.05.2020
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Afrique

Dans le Nord-Kivu, un espoir de retour de la paix

Deux chefs de groupes rebelles ont annoncé vouloir suivre un appel à la paix lancé par le président Félix Tshisekedi. Mais les victimes s'inquiètent de les voir éventuellement rejoindre l'armée congolaise.

Écouter l'audio 02:19

"Nous sommes déterminés à ramener la paix" - Kakule Sikuli Lafontaine

Les deux groupes rebelles opéraient jusqu'ici dans le nord de la province du Nord-Kivu, dans les territoires de Rutshuru et Lubero. Kakule Sikuli et Kakule Masibi, issus respectivement du groupe "Union des patriotes congolais pour la paix" (UPCP) et du groupe "maï maï Charles" ont déposé les armes ce lundi (04.05.2020).

Ils ont été présentés à la presse et aux membres du Comité de sécurité de la région. Certains de ces rebelles repentis ont décidé de rejoindre les rangs de l'armée congolaise tandis que les autres ont choisi de réintégrer la vie sociale. 

Le président Félix Tshisekedi a fait de la paix dans l'est, une promesse de campagne

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Appel lancé par le président Félix Tshisekedi

Kakule Sikuli Lafontaine, un des chefs rebelles affirme que cette reddition se justifie par un appel lancé par le chef de l'Etat qui souhaite la pacification de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). "Depuis 1999, nous sommes en brousse. Nous n'avons pas déposé les armes suite aux opérations lancées contre les groupes armés mais nous avons décidé de déposer les armes pour qu'ensemble, avec le gouvernement congolais, nous puissions trouver des solutions aux défis sécuritaires dans notre région", explique l'ex-chef rebelle. 

Convaincu de sa décision, il invite d'ailleurs "tous ceux qui restent en brousse, à savoir que le moment est venu pour que la paix prônée par le numéro un de la République et le gouverneur du Nord-Kivu se matérialise".

Lire aussi → Que va changer la mort du chef des FDLR en RDC ?

De nombreux groupes armés s'attaquent aux populations répandant la peur dans les villages et villes de l'est

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Les populations entre espoir et méfiance

Les habitants de l'un des territoires de Rutshuru dans lequel ces rebelles commettaient des exactions saluent leur décision de déposer les armes et d'inviter d'autres groupes armés à déposer les armes.

En revanche, ils s'opposent à une éventuelle intégration de ces ex-rebelles dans l'armée congolaise. Ils pensent qu'ils ont commis trop de crimes et n'ont aucune légitimité pour défendre la population qu'ils ont jadis massacrée. 

Ainsi, pour James Havugimana, habitant de Rutshuru, ces rebelles "sont des gens qui ont violé et tué nos mères. Ils nous ont longtemps terrorisés, nous pensons qu'ils ne sont pas dignes de servir dans l'armée".

Pardonner et réconcilier

Face à cette méfiance des populations, les autorités diffusent des messages d'apaisement. 

Pour Carly Nzanzu Kasivita, gouverneur de la province du Nord-Kivu, ces ex-rebelles "ont accepté de déposer les armes et nous  demandons à tous les patriotes de bien vouloir soutenir les efforts dans la recherche de la paix dans notre province. Nous continuons à sensibiliser la population à la culture de la paix et nous remercions ces groupes armés qui ont accepté cet appel en voulant donner une chance à notre province".

La province du Nord-Kivu reste confrontée à de gros défis sécuritaires avec la présence de plusieurs groupes armés empêchant le développement économique de cette de l'est de la RDC, frontalière avec le Rwanda.

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