Les appels se multiplient pour un cessez-le-feu au Soudan
15 avril 2026
Ils sont des milliers à fuir pour se mettre à l'abri ou tenter de sauver leurs familles, loin des combats et des massacres qui ravagent le Soudan. Selon les chiffres avancés à Berlin par Yvette Cooper, secrétaire d'État britannique, la famine menace près de 20 millions de personnes et les affrontements entre factions rivales ont provoqué le déplacement de 12 millions d'autres.
Le Royaume-Uni a annoncé une aide financière de 146 millions de livres sterling pour venir en aide aux populations touchées par le conflit. Yvette Cooper a également insisté sur la nécessité de faire pression sur les deux parties belligérantes.
"Ce que nous avons vu autour du cessez-le-feu à Gaza à l'automne dernier, c'est une communauté internationale mobilisée avec une énergie considérable pour soutenir cette trêve. Nous avons besoin de cette même mobilisation internationale aujourd'hui pour le Soudan", a dit Yvette Cooper.
Un constat partagé par le chef des affaires humanitaires de l'ONU, Tom Fletcher, qui estime qu'"aujourd'hui, 34 millions de personnes au Soudan ont un besoin urgent d'aide humanitaire", en particulier les femmes et les jeunes filles.
Un besoin humanitaire croissant
Tom Fletcher, qui a fermement condamné les frappes menées par des drones fournis, selon lui, par des acteurs internationaux, appelle les pays donateurs à financer le plan humanitaire prioritaire de l'ONU, estimé à plus de 2 milliards de dollars, afin de sauver 14 millions de vies.
"Nous avons identifié un plan de 2,2 milliards de dollars capable de sauver 14 millions de vies. Le test aujourd'hui est simple : la communauté internationale va-t-elle se contenter de parler de soutien au peuple soudanais, ou va-t-elle réellement le soutenir ?", a martelé Tom Fletcher.
La conférence a également été marquée par des prises de position fermes de Washington. Massad Boulos, conseiller principal pour les affaires arabes et africaines, a déclaré que l'engagement du président américain dans le dossier soudanais reposait sur « l'aspect humain » du conflit.
"Nous demanderons des comptes à quiconque commet ces crimes, quelle que soit la partie impliquée. Nous ne soutenons aucun camp. Notre seul intérêt est de mettre fin à cette crise humanitaire."
Il a également souligné que les États-Unis considèrent que des actes de génocide ont été commis et a assuré que cette position se traduirait par des actions concrètes.
La participation de l'Union africaine
Pour sa part, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à des résultats tangibles. Il a salué le rôle moteur de l'Allemagne, tout en plaidant pour une cessation rapide des hostilités.
"Nous attendons beaucoup de cette conférence. Nous ne voulons pas qu'elle soit une répétition des précédentes. L'Allemagne peut jouer un rôle de premier plan, et nous sommes ici pour soutenir ce rôle. En tant qu'Union africaine, nous souhaitons également être à la tête de toute initiative, car nous croyons aux solutions africaines aux problèmes africains."
Malgré l'absence des parties belligérantes à la table des discussions, les organisateurs espèrent que la conférence de Berlin permettra de relancer la dynamique diplomatique et de mobiliser des financements à la hauteur de l'urgence. Reste à savoir si ces engagements se traduiront rapidement sur le terrain, dans un conflit où les civils continuent de payer le prix le plus lourd.