Conférence islamique à Kuala Lumpur
10 février 2006La Malaisie accueille pour deux jours l’Organisation de la conférence islamique. Une conférence qui rassemble des représentants religieux, des hommes politiques et des scientifiques, sur fond de tensions à propos des caricatures de Mahomet parues dans la presse européenne. L’occasion pour le chef du gouvernement malaisien, Abdullah Ahmad Badawi, d’appeler à la mesure :
« Ne sous-estimons pas la force de la religion, c’est quelque chose qui pousse les gens à l’action. Dans une période de fanatisme et d’hystérie, nous devons agir et appeler à la modération et à la raison. Les rhétoriques belliqueuses ne nous aideront pas, et les plumes acides alimentées par les préjugés non plus. »
La chambre du Bundestag a examiné aujourd’hui l’affaire des caricatures de Mahomet. Les députés allemands de tous les partis se sont déclarés en faveur de la liberté de la presse. Signalons que les magazines allemands Spiegel et Focus ont été retirés de la vente en Egypte. Ils avaient tous les deux publié les caricatures controversées du prophète Mahomet.
La mobilisation est toujours très forte, contre les caricatures, dans différents pays du monde. Environ 200 personnes ont manifesté cet après-midi à Bruxelles, en Belgique. À Islamabad, au Pakistan, prés de 4.000 manifestants ont brûlé des drapeaux danois et américains.
À Nairobi, la manifestation contre les caricatures a dégénéré. Les unités antiémeutes ont ouvert le feu à balles réelles et utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants. Un premier bilan fait état de trois blessés. Et en Afrique du Sud, á Prétoria, l'ambassadeur du Danemark a appelé "au dialogue" entre son pays et les musulmans. Il s’est adressé au millier de manifestants rassemblés dans la capitale.
Face aux manifestations qui font rage, le premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré que "rien ne justifie la violence (...) ou la glorification du terrorisme".